Quand même

Quand même

 

Quand même on peut penser ce soir triste où l’on pleure

Que ces carreaux fondus en rond sur le papier

N’auront été aussi qu’un pitoyable leurre

Aux essais débordant nos craintes d’étouffer.

 

Quand même on peut penser que ces ongles qui crissent

Au tableau verdissant de classes désertées

De  pentes éboulées, s’écroulant vers l’abysse

N’ont qu’à se retenir d’une abscisse e à la craie.

 

Quand même on peut penser que ce lac en silence

D’une paupière ouverte aux nuages passés

Ne tiendra pas plus d’eau que ce désert d’enfance

S’écoulant par le biais d’un stylo mordillé.

 

Quand bien même on voudrait, on pourrait se permettre

Un zeste d’attitude, une valse essayée

Mais la robe est trop longue et ne nous fait connaitre

Que tangos engoncés aux marnes des marais.

 

Quand même on essaiera, on jouera la prestance

On collera le masque aux sangsues d’illusions

On gravera aux joues ce sourire en instance

Grésillé au tournis d’un vieux microsillon.

 

Quand même on persévère. Aux métaux de nos forges

On les prend nos sirops contre vents et marées

On les mouche ces nez, on les gratte ces gorges

Mais nos mots quelque part restent bien enroués.

 

Quand même on peut se dire que cette fois peut-être

On aura tout jeté, tout offert, tout tenté

Que quelque part, quelqu’un, on ne peut tout connaître…

 

Mais ce sera trop tard et l’air aura manqué.

 

monesille

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