J’étouffe parfois !

Texte écrit en participation à l’atelier d’écriture de Leilloona de Bricabook

Le principe est simple à partir d’une photo, écrire un texte, et envoyer le lien sur le site de Bricabook.

J’essaie de me lancer en texte libre.




Crédit photo Romaric Cazaux

Crédit photo Romaric Cazaux

J’étouffe parfois.

Certains sont plus proches que d’autres de l’enfer, en pensée.

Alors que la vie pourrait être si douce sous le regard du chien couché au coin du feu.

Prise de tête, la nuit et la mort approchant et je suis là, figé dans le temps, gelé par les usages, mes traits immobilisés, paralysé dans l’élan.

Alors que je voudrais courir à toutes jambes, trouver la douceur du temps, la folie d’aimer, jusqu’à ce que la vie m’abandonne.

Bloqué là, dans cette pierre froide depuis, quoi, l’éternité*, pour quoi ? La postérité ? Mes pensées bouillonnantes  ne demandent qu’à s’envoler, mon souffle à s’exhaler, ma vie à s’exprimer.

J’étouffe parfois.




* Quoi, l’éternité est le titre du dernier livre de Marguerite Yourcenar, publié inachevé en 1998.

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16 réflexions sur “J’étouffe parfois !

  1. J’ai été très touchée par ton texte, bravo pour la façon dont tu as fait passer cette étouffement 🙂

  2. Leiloona dit :

    Tu sais bien rendre cet étouffement, que malheureusement on connaît plus ou moins tous à une période de sa vie, le tout est que ça ne dure pas.
    J’espère que tu as aimé participer ! 😀

  3. Mind The Gap dit :

    C’est toujours d’un gai chez toi…:D 😀 :D. Oui la paralysie dans l’élan c’est un très joli mot je trouve. La photo était assez terrifiante en plus…

  4. soene dit :

    « Paralysé dans l’élan » comme cette observation est bien dite, Monesille. J’aime beaucoup l’atelier de Leiloona. Ses photos nous entraînent tellement loin dans notre vision des choses.
    Tes mots libres reflètent exactement la force de ce visage figé, emprisonné dans l’immortalité artistique qu’a voulu son auteur.
    Bonne semaine
    Bises de Lyon

  5. cleoballatore dit :

    Très sombre. Mais il y a de l’émotion dans ce texte. C’est le choix entre l’immobilité et l’immortalité.

  6. paikanne dit :

    Puisse-t-il (re)trouver son souffle…

  7. blogadrienne dit :

    brr sensation d’enfermement, d’étouffement! bien joué!

  8. pierforest dit :

    Intéressant qu’elle laisse sans fin un livre qui a pour titre « Quoi, l’éternité ». C’est à se demander si ce n’était pas à dessein.

  9. Vudemeslunettes dit :

    On étouffe avec cette statue à la lecture de ton texte ! Et on rêve d’autres horizons … comme elle !
    J’aime beaucoup, bravo 🙂

  10. titine75 dit :

    Une très joli variation sur cette photo, cette sculpture, telle Galatée, ne demande qu’à prendre vie !

  11. trezjosette2 dit :

    Et le titre de Marguerite Yourcenar renvoie au poème de Rimbaud…quelles belles résonances chez toi avec cette statue

    • dominique444 dit :

      Oui, tu as raison pour le poème de Rimbaud, mais je l’ai laissé de côté, le texte faisant surtout appel à la notion d’inachevé, comme le dernier livre de Marguerite Yourcenar.
      Merci de ton passage.

  12. sabariscon dit :

    J’en ai fait un coureur moi. En tout cas j’aime beaucoup l’expression de cet élan brisé dans ton texte.

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