Avec des écouteurs

Article publié en participation à l’atelier d’écriture de Leiloona de Bric à Book : une photo quelques mots.

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Nous avons laissé coulé nos encres cette semaine sur une photo de Kot, un univers assez noir mais on peut y projeter tant de choses !

© Kot

Et ta vie s’étrécit jusqu’à causer ta perte
Tu n’en vois plus sur le côté des portes ouvertes
Foncer les yeux fermés en oubliant le mal
Il n’est pas si pressé le sort de l’animal
Humain mais juste assez pour tenir sur deux pattes
Dans le tohu-bohu pas certain de la hâte
Pour l’entonnoir où le temps tout de même appuie
Et tu laisses égoutter ton esprit petit à petit.

Tu prends tant de chemins pour vider ta pensée
Des tams-tams de ton cœur, battus à la nausée
De leurs essais bâclés pour oublier tête baissée
Avec des écouteurs pour ne plus écouter la peur.
Pour ne plus écouter la peur.

On t’a parlé du passé et des wagons bondés
Toi tu t’en fous, tu as de la place à tes côtés
Il ne fait pas bien jour et puis tu as mangé
T’as même fait l’amour et ton jean est serré
Sur ton ventre rentré et moulé sur les hanches
Qu’est ce que ça peut leur faire que tu portes une robe blanche
C’était une bonne affaire et tu l’as attrapée
Mais trois mois ont passé et plus personne à appeler.

Tu prends tant de chemins pour vider ta pensée
Des tams-tams de ton cœur, battus à la nausée
De tes essais cachés pour oublier tête baissée
Avec des écouteurs pour ne plus écouter la peur.
Pour ne plus écouter la peur.

Toi, tu aurais voulu une vie découverte
Sur un monde inconnu et des oranges vertes
Pas de ces matins noirs et puis ces yeux fermés
Ces yeux toujours baissés qui ne veulent rien voir
Qu’à l’intérieur toujours peint en technicolor
Confiant dedans tes forces un petit être dort
Alors tu t’es battue et encore et encore
Elle n’est pas venue, jamais pour toi la cité d’or.

Tu prends tant de chemins pour vider ta pensée
Des tams-tams de ton cœur, battus à la nausée
De tes essais gâchés pour oublier tête baissée
Avec des écouteurs pour ne plus écouter la peur.
Pour ne plus écouter la peur.

Dans ces petits matins, où coulée dans le moule
Tu essaies juste un peu d’être à part de la foule
De guetter à côté de ton chemin tracé
Un écran allumé sur d’invisibles libertés
Et dans ta vie perdue si souvent à gagner
Juste un droit d’exister en plus de subsister
Tu cherches le chemin et la porte entrouverte
Où tu sauras saisir, pour lui, la première occasion offerte.

Tu prends tant de chemins pour vider ta pensée
Des tams-tams de ton cœur, battus à la nausée
De tes essais passés pour oublier tête baissée
Avec des écouteurs pour ne plus écouter la peur.
Pour ne plus écouter la peur.

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18 réflexions sur “Avec des écouteurs

  1. Leiloona dit :

    Je suis bluffée ! C’est superbement écrit ! Quelle puissance de ton poème …

  2. Ooh quel joli poème ! Bravo 🙂

  3. Anariel dit :

    Je confirme, une très belle chanson!

  4. cleoballatore dit :

    Jolie variation avec ce texte ambitieux.

  5. nathchoco dit :

    c’est étonnant ce que cette photo peut susciter. Ton texte est lancinant, comme l’état d’âme du poète

  6. joli texte, pourtant j’aime peu la poésie

  7. Très envoûtant !! Je suis impressionnée que cette photo retentisse fortement comme ça dans ton imagination, ce tam ce tam.

  8. titine75 dit :

    Je plussoie, on dirait vraiment une chanson !

  9. Albertine dit :

    Je suis d’accord, une chanson pour Bernard Lavilliers ! Très beau texte.

  10. Cela sonne comme une chanson! très joli.

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