Un jour j’ai cru te perdre-Aragon

C’eut dû être un jeudi poésie chez Dame Asphodèle mais tant de soucis la tiennent dans leurs griffes en ce moment qu’elle ne peut, cela n’empêche pas que nous pensions à elle. J’ai croisé ce poème d’Aragon, je sais qu’elle l’aime beaucoup et je le  lui dédie surtout la lumière vers laquelle il tend  !

chromo oiseau couronné ana-rosa(1)

Toute une nuit j’ai cru, tant son front était blême,
Tant le linge semblait son visage et ses bras,
Toute une nuit j’ai cru que je mourais moi-même,
Et que j’étais sa main qui remontait le drap.


Celui qui n’a jamais ainsi senti s’éteindre
Ce qu’il aime, peut-il comprendre ce que c’est ?
Et le gémissement qui ne cessait de plaindre,
Comme un souffle d’hiver à travers moi passait.


Toute une nuit j’ai cru tant mon âme était morte,,
Toute une longue nuit immobile et glacé,
Quelque chose dans moi grinçait comme une porte,
Quelque chose dans moi comme un oiseau blessé.


Toute une nuit sans fin sur ma chaise immobile,
J’écoutais l’ombre et le silence grandissant.
Un pas claquait parfois le pavé de la ville,
Puis rien qu’à mon oreille, une artère et le sang.


Il a passé sur moi des heures et des heures,
Je ne remuais pas tant j’avais peur de moi,
Je me disais je meurs, c’est moi, c’est moi qui meurs,
Tout à coup les pigeons ont chanté sur le toit.



Bises à elle et à vous tous ! Ce serait chouette si certaines publiaient aussi un poème aujourd’hui.

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11 réflexions sur “Un jour j’ai cru te perdre-Aragon

  1. Heureusement que la fin laisse imaginer une issue plus gaie, c’est poignant.
    Bisous
    Odile

  2. soene dit :

    Il y a si peu de temps que je découvre à fond Aragon et tout me plaît.
    Hélas, j’ai perdu mon Nord avec les publications mais je crois que cet été, le jeudi, je garderai cette habitude qui nous tient à cœur 😉

  3. sandrion dit :

    Absolument magnifique ce poème que je ne connaissais pas… merci !!

  4. […] Monésille et un Théophile Gautier, bucolique… : Far-niente mais aussi, un poème du jeudi 25 juin, pour moi et qui m’a énormément touchée, elle ne pouvait tomber plus juste, il s’agit d’Aragon : Un jour j’ai cru te perdre… […]

  5. Asphodèle dit :

    Je fais bien de farfouiller sur ton blog et franchement, je suis touchée par ce que tu as fait et par ce poème qui ne pouvait pas mieux tomber, pour te dire je n’ai même pas regardé mes mails de News pendant trois jours… D’ailleurs je le rajoute à la liste d’aujourd’hui, il est trop beau et ce serait dommage qu’il se perde dans les limbes du Net. Merci à toi de cette pensée particulière et…si bien vue ! 😉 Heureusement « les pigeons se sont remis à chanter sur le toit »… Un énorme bisou pour la peine ! 😉

    • monesille dit :

      Je prends le bisou et te laisse la canicule !
      j’espère que tout va bien aller et que tu vas revenir tout à fait requinquée de ce séjour, les deux à cumuler, j’ai testé, c’est dur.
      Allez en plaisantant je vais aller si en farfouillant tu n’as pas mis un peu de désordre, plus qu’il n’y en avais !
      Bises d’été

      • Asphodèle dit :

        Warf ! je suis ordonnée quand je veux ! pas chez moi certes mais chez les autres je fais gaffe à mes abattis !!! 😆 La canicule me tue, je ne dors pas, cette nuit un peu mieux car c’est redescendu en dessous de 20° mais l’orage de cette nuit a rechargé l’air en humidité, on se croirait au Gabon !!! 😥 J’espère que mon séjour ne sera pas compromis par l’état de maman (nous revoyons le chir’ le 8 juillet pour le protocole de radiothérapie)… Ha la la il faut garder le moral, je ne te dis que ça !!! 😆 j’ai une recette à te donner mais je vais essayer de trouver ton mail… bisettes gente dame ! 😉

  6. Valentyne dit :

    Éternel Aragon qui dit si bien la peur et l’amour 🙂

    Bisessss Monesille 🙂

    • monesille dit :

      Merci de ta visite et de m’avoir fait me rendre compte que je m’étais plantu dans ma date de publication de pierre, feuille, qui ne devait être publié que lundi !!
      Bises

  7. emilieberd dit :

    Je n’ai jamais connu cette situation, mais je trouve cela magnifiquement décrit. Cela me rappelle certaines nuits d’hiver, morte d’inquiétude parce que la fièvre de l’un ne baissait pas, où la respiration de l’autre sifflait comme une mauvaise imitation de Dark Vador…
    Je t’embrasse

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