Aux portes de la camargue

Je me  mets au rythme d’été, dans l’ombre fraîche de la maison je farfouille dans mes vieux recueils, je trouve parfois des choses que j’ai écrites et que j’ai oubliées, je me dis : tiens c’est vrai ! parfois j’ai même un doute est-ce bien moi qui ai écrit cela. D’autres fois par contre, la page me fait souvenir de tant de moments doux ou moins.Celle-ci m’a laissée longtemps rêveuse. Influencée par Victor Hugo j’avais essayé d’écrire un poème sur le style des « djinns », c’est une excellent exercice pour la versification !

Saint martin février 2014 023




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L’aube
Opale
Sur l’herbe
Etale

Sous la feuille
Un tirouit
Se réveille
Un courlis

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Sur l’étang gris
Les flamants roses
Comme transis
Prennent la pose

Ils replient les pattes
Leurs ailes s’écartent
Leur vol écarlate
S’envole à grand bruit.

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Partons en ballade
Au pas des chevaux
Au creux des manades
Vers les grands troupeaux

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Au premier vent doux
La brise iodée
Rafraîchit nos joues
De fraîcheur salée

Sansouïre marécageuse
Craquant de sable salé
Le vent pleure désolé
Au cri des mouettes moqueuses

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Il fuit sa plainte langoureuse
Roulant les boules enchevêtrées
Des saladelles emmêlées
Aux salicornes savoureuses

Dans un bruit fracassant de sabots
Noirs tonnerres  sur la plage mouillée
Pattes battant dans l’écume levée
Au grand galop passent les taureaux

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En nuage ondoyant à  l’horizon
Vol agaçant en tourbillons lancés
Pics de moustiques en rangs serrés
Qui harcèlent nos yeux et nos fronts

Sur les miroirs d’eau reflétant la lumière
La chaleur s’alourdit, pesant sur  la terre
Les labours fument et les tendres rizières
Caressent le vent d’ondulante manière

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Au zénith tout s’apaise et le vent s’encalmine
Dormons dans la pénombre du mas assoupi
Les  roses plumetis des  frêles tamaris
Trempant languissamment leurs bras dans la roubine.

Le soleil d’or vient de tomber brusquement
Hors de portée de nos yeux le suivant
Le voile de brume au-dessus des étangs
Nappe d’étincelé leurs reflets d’argents.

P1050919

Le grillon s’éveille et dans le silence
Derrière la haie de charmes tremblants
L’orbe disparaît,  le calme descend
,Entonne son chant, cri de lancinance.

Saint martin février 2014 049

La touffeur du jour couché s’apaise
On sent comme une fraîcheur venant
Contrastant avec le feu de braise
Jour brûlant sur nos bras rougissants

Frisson de la Camargue, nuit,
Quelque part dans ce paradis
Le bruit de l’eau en clapotis
Au bord du sable qui frémit.

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Douceur du soir qui bleuit
Berceau du ciel assombri
Un rossignol chante au loin
Son chant d’idole au serein

Et la brune luit
Dans l’aigue marine
S’agite et frémit
La vie des roubines

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Flottant doucement
Les roseaux chantant
Dans un froissement
Lent et refluant

La chouette effraie
Du grand cyprès
Va se coucher
Ébouriffée

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Plus un bruit
Il fait tendre
Que la nuit
A entendre.

La lune
Si ronde
Si blonde
Sur l’onde.

P1050863




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11 réflexions sur “Aux portes de la camargue

  1. Quel plaisir de lire ces lignes, c’est si beau! Je pars me coucher avec ces images dans les yeux.
    Bisous
    Odile

  2. Asphodèle dit :

    Comme toi, je trie mes anciens écrits et parfois je me demande si c’est moi qui aie écrit cela ! Là, vraiment je suis coite ! Ce poème mériterait largement de figurer dans un recueil, c’est aussi beau sur le fond que sur la forme, vraiment et la Camargue, moi ça me parle !!! Cette strophe tout particulièrement :
    « Le soleil d’or vient de tomber brusquement
    Hors de portée de nos yeux le suivant
    Le voile de brume au-dessus des étangs
    Nappe d’étincelé leurs reflets d’argents. »
    Il y a une langueur dans les mots et une musicalité incroyables… Bravo ! 😉

  3. navi dit :

    Que c’est beau, en effet, je reste sans mot !
    Quelle maîtrise ! Après t’avoir lue, je ne peux que me taire! Respect !

  4. Bout d’Europe au calme sauvage !

  5. monesille dit :

    Tant que les nuits restent fraîches en effet, on profite mieux de la beauté des paysages.
    Bises

  6. Mind The Gap dit :

    Une ode à la nature et à la Camargue. J’avoue que cet endroit ne me parle pas du tout mais tu le rend resplendissant ! Bravo !

  7. cathy1461 dit :

    Je t’avoue que je n’y connais rien en poésie, mais qu’est-ce que c’est beau ! Et les photos qui accompagnent sont très jolies aussi !
    Très bon dimanche, bisous !
    Cathy

    • monesille dit :

      Merci à toi de ta visite, pour la poésie tu as dû apprendre comme tout le monde les fables de la Fontaine, c’est un très bon début. Après, il y en a pour tous les goûts.
      Bises et bon début de semaine.

  8. emilieberd dit :

    Bravo Monesille! C’est très beau! Une belle journée d’été!Avec une nuit bien fraîche!
    Je t’embrasse

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