Jeudi poésie-René Guy Cadou

Edité en participation au jeudi poésie de Dame Asphodèle

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En l’honneur de cette rentrée scolaire et de ces 200 000 enfants précoces en danger, soit ces 1 à 2 enfants par classe que les instituteurs (trices) ne reconnaissent pas dans leur développement, dans leurs aptitudes, dans leurs différences, dans leurs besoins, en fonction de manque de temps, de motivation, de moyens malgré les textes en vigueur désormais à l’éducation nationale et les promesses des différents ministres en poste depuis le Luc Ferry en 2003 :

« Prendre mieux en compte les élèves intellectuellement précoces » »A l’école primaire comme au collège, la réglementation offre la possibilité d’adapter le parcours scolaire de ces élèves. C’est ainsi que la réduction du temps passé dans un cycle, dès l’école maternelle, doit être envisagée avec plus de facilité qu’actuellement. Ces élèves n’ayant pas toujours des profils de réussites très homogènes, la décision doit préserver la motivation scolaire tout en leur permettant de se perfectionner dans des domaines où ils en ont le plus besoin, voire de combler des lacunes.
Des projets individualisés, proposant par exemple des temps d’approfondissement et de recherche pourront être élaborés en associant les parents. »

Je cite pour cette année 2015, Najat Vallaud-Belkacem :

« Nous en voyons déjà les effets et nous en prolongeons la dynamique, toute entière dédiée à bâtir une École exigeante, qui fait réussir tous les élèves, une École plus juste, qui ne laisse aucun enfant aux bords du chemin, et une École qui transmet avec fierté et détermination à notre jeunesse les valeurs de la République. »

Un enfant précoce non reconnu peut devenir une bombe pour lui-même comme pour son entourage, il suffit parfois de si peu, d’un regard attentif, d’une bienveillance, d’une reconnaissance, pour tirer ces enfants de leur détresse et de leur solitude.

L’enfant précoce

Une lampe naquit sous la mer
Un oiseau chanta
Alors dans un village reculé
Une petite fille se mit à écrire
Pour elle seule
Le plus beau poème
Elle n’avait pas appris l’orthographe
Elle dessinait dans le sable
Des locomotives
Et des wagons pleins de soleil
Elle affrontait les arbres gauchement
Avec des majuscules enlacées et des cœurs
Elle ne disait rien de l’amour
Pour ne pas mentir
Et quand le soir descendait en elle
Par ses joues
Elle appelait son chien doucement
Et disait
« Et maintenant cherche ta vie « 

René Guy Cadou

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15 réflexions sur “Jeudi poésie-René Guy Cadou

  1. Merci Monesille ; je suis sensible à ce billet que je découvre seulement….
    précoce une minute, handicapé l’instant d’après…, et si on essayait « juste » d’accepter les différences (et les différents), pas comme un truc à ramener – à toute force – à la norme mais à considérer comme simplement pas-anormal ?
    (je sais, je rêve debout)

    • monesille dit :

      Je suis bien d’accord avec toi,, mais la nature humaine apparemment aime les moyennes et la souffrance endurée par ceux qui ne sont pas dans cette moyenne revient à un handicap.
      Bises

  2. Leodamgan dit :

    Quand on parle de ne « laisser personne au bord du chemin », on parle habituellement des élèves en difficulté. C’est vrai qu’il ne faut pas oublier non plus les enfants précoces.

  3. emilieberd dit :

    Ce poème m’a mis les larmes aux yeux! Ce sujet me tient particulièrement à coeur…Je trouve ton introduction juste, très juste.Un enfant précoce peut effectivement devenir une bombe pour lui-même c’est très bien écrit. Et les profils sont tellement différents. Les instits les détectent de plus en plus, mais ce n’est pas toujours évident de voir qu’un enfant perturbé est parfois un enfant plus rapide que les autres (voire que l’instit :D). Par ailleurs, les parents de tels enfants sont souvent vus comme des gens prétentieux et poussifs, etc…Ce qui rend les rapports avec les profs délicats (faire passer le message tout en ayant peur de les braquer) De l’extérieur, l’enfant précoce est un enfant doué…Mais ce don a un contrepartie, en terme d’angoisse, de mal-être qu’il faut gérer au quotidien…et si l’école a un doute…l’enfant souffre!
    Bon, en plus j’ai oublié le jeudi poésie!
    Mais pour rester dans ton thème, j’écrirais ci-dessous la dernière strophe de l’Albatros de Baudelaire qui, selon moi, décrit à la perfection ce qu’un enfant précoce non détecté ressent :

    Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

    Bises

    • monesille dit :

      Je me doutais un peu que le sujet que je connais bien te toucherait.
      Bises tu n’es pas seule.

      • emilieberd dit :

        Et encore je ne suis pas à plaindre, j’étais (nous étions) prêts à cette éventualité. Je veux dire, depuis que je suis dans cette petite ville, j’ai croisé deux mamans dont les enfants étaient (et sont toujours, bien entendu) précoces et dont l’annonce a été un choc. Elles me parlaient des difficultés de leurs enfants et je leur répondait (je résume, bien sûr) « Il est précoce. » pensant qu’elles le savaient (je les détecte facilement, quand je connais les enfants évidemment)…J’ai observé chez ces mamans une sorte de moment de déni, comment si la précocité ne pouvait à elle seule expliquer le malaise des enfants. Et étrangement, une fois le diagnostic posé par un pro, un saut de classe, ou la prise en compte de cette « différence » par les adultes (ne serait-ce que les parents!), l’enfant est apaisé (pour le moment :D) et s’accorde enfin un peu le droit de s’épanouir. C’est là aussi où la détection à l’école revêt une importance démesurée (par rapport aux moyens), lorsque les parents n’imaginent pas, ne savent pas ou ne veulent pas…

        Bises

        • monesille dit :

          Je vois que tu connais bien le sujet, tu as de la chance d’être une génération plus jeune où le principe est déjà connu quoique pas toujours accepté. De la génération de mes enfants ce n’a pas été aussi facile, et l’échec scolaire et personnel est resté majeur quoiqu’on fasse.
          Bises

  4. MyoPaname dit :

    De la délicatesse, des doutes et une pointe de détermination dans ces derniers mots….
    Une école qui ne laisse personne sur le bord de la route ? J’en rêverais… 😉

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