Agenda ironique d’octobre- Où vas -tu ?

Article écrit en participation à l’agenda ironique d’octobre inauguré par la grande  Jacou33 avant-hier ! C’est dire si on est dans les temps ! après la victoire éclatante (et hilarante) de Martine au mois de septembre avec ses démêlés de lamellibranches, inspiré par les collages de Anne de Louvain la Neuve, voici que ce mois-ci  les quatre textes inspirateurs de Jacou m’ont extirpé de ma routine ! Résultats le 3 novembre…




Où vas-tu, toi qui n’es que ce que tu penses être ?

Une branche passée par le carreau descendu de sa voiture lui égratigna le bras gauche, que Fatima retira vivement et le volant lui échappa faisant terminer l’auto dans un buisson épineux. Ah, la, la ! le moyen d’ouvrir la portière dans ces conditions ! Elle força comme une dingue, heureusement la pluie avait cessé, il  pleuvait donc encore quelquefois ici aussi mais ça on n’en parlait jamais aux infos et elle finit par réussir à se glisser dans l’entrebâillement ainsi obtenu et atterrit à quatre pattes dans une flaque, détériorant ainsi définitivement son petit tailleur tricoté impeccable qui lui avait juste coûté quelques mois de salaire et quelques mains aux fesses.

Situation 1 :

A quatre pattes

Dans une flaque

Égratignée :

Mais où elle est ?

Mais qu’est ce qui lui avait pris de partir ce matin, sans manger en plus, il faut dire qu’il arrive qu’en voyage, les accidents de terrain et les buissons propres aux sales petits besoins soient plutôt rares et il lui était  souvenu un voyage en Ouzbékistan pendant lequel saisie d’une intense tourista elle n’avait trouvé moyen de poser culotte qu’au bord d’un chemin peu fréquenté certes mais vers lequel les vues convergeaient depuis des dizaines de lieues alentours. Rien dans l’estomac donc depuis l’aurore où elle avait aperçu l’arc-en-ciel. Depuis quatre mois elle n’avait pas eu de nouvelles avec les chaleurs torrides de cet été, soudain un peu de vent s’était levé, une pluie généreuse avait changé les cours d’eau murmurants en torrents rugissants, puis dans le calme après la tempête un étrange et surréel arc-en-ciel était venu se poser sur son index droit. Sachant d’instinct qu’elle n’était pas un cadeau, et encore moins un trésor, elle s’était sentie appelée de l’autre côté, avait bondi au saut du lit dans sa petite mini et avait suivi de route en route et pendant des heures l’arc-en-ciel qui se faufilait au début entre des haies de peupliers, à l’arrivée entre agaves et baobabs.

Situation 2

Elle est partie :

Ses gargouillis

Dans l’estomac

Plus de tracas.

Rien ne libère plus l’esprit que la conduite au hasard de routes incertaines et suivant l’ondulation doucereuse des couleurs, elle pensait soulagée que c’en était fait de son uniforme. Aux orties, le bleu, toujours, le bleu, encore le bleu quoiqu’elle n’eût rien contre le bleu en lui même.

C’est dramatique pensait-elle le sentiment étrange qui vous envahit quand on se glisse dans un uniforme comme dans une deuxième peau comme celle-ci qui représente une fonction au regard de la population, annihilant chaque velléité de réflexion personnelle et ramenant à zéro le plus simple élément de bon sens.

Combien de pompiers se seraient jetés au feu sans leur uniforme qui leur confère un sentiment d’invincibilité ?

Combien de gendarmes roulent les R parce que la maréchaussée le faisait .

Combien de facteurs sont idiots parce que la moitié de la population française pense qu’ils le sont ?

Finie Cosette, la route à elle, tout ce jour pour répondre à une voix qu’elle entendait de plus en plus fort comme relayée de loin en loin par les branches hautaines des acacias guignées par les dents des  girafes :

« Viens me voir, viens me voir ! »

Situation 3

Va donc où tu veux

Tes choix sont les mieux

La seule question

C’est Ta direction.

Donc il avait plu en Afrique et c’était plutôt une bonne nouvelle sauf pour elle évidemment à quatre pattes dans la boue de son ornière. Elle commençait tout de même à se poser des questions sur son bon sens en l’occurrence. Elle n’avait jamais connu ce continent que par ouï-dire, et la télé, vous savez…Elle se redressa prudemment et se déchaussa pour mieux conserver son équilibre dans la gadoue que n’avait pas encore absorbée la chaleur montante du soleil. Appuyée à la carrosserie, elle examina autour d’elle pour faire le point sur sa situation pittoresque perdue au fond de quelque part, forcément quelque part !

Pour regarder, elle regarda !

L’arc-en-ciel l’avait menée où elle devait aller et le guépard la regardait droit dans les yeux pour lui montrer le reste du chemin.

Cheetah (Acinonyx Jubatus) In Front Of A Rainbow

Situation 4

C’est le bout du chemin

Je vous dis à demain

L’écrit à ses raisons

Suivant  l’inclination .




J’ai trouvé la photo complétant ce texte sur le blog de l’une d’entre vous ! Impossible de retrouver lequel ! Si vous vous reconnaissez, je me ferai un bonheur de mettre le lien.




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13 réflexions sur “Agenda ironique d’octobre- Où vas -tu ?

  1. Valentyne dit :

    Avec un ange gardien guépard, Fatima devrait s’en tirer 🙂
    Elle est parvenue d’ailleurs jusqu’à veules les roses à moins que ce soit une homonyme 🙂
    Bisesss

  2. Fatima en tailleur Chanel (encore lui !) dans le buisson d’épineux rongé par la lumière de l’arc-en-cieux, pardieu, avec un guépard en sus, qui la regarde d’un œil chassieux, si, si, ça se remarque tout de suite, mais j’ai peur, moi, Madame ! Elle risque de prendre un sacré sale coup de patte dans le pare-brise et l’assurance, hein, elle ne remboursera rien de rien à cause de la clause 154 bis, en tout petit à la fin de la page 47, dans les annexes. Pauvre Fatima !

  3. […] innocent par le juge le plus têtu que le commissariat du quartier des détenus puisse connaître. Plutôt que de m’égratigner les mollets dans un buisson épineux je décidai donc d’agir en m’associant au plus gros grain de sucre supporté par le […]

  4. sous les galets dit :

    Alors là tu vois, personne ne peux t’accuser d’autofiction, un genre que je déteste par dessus tout, là vraiment, on peut dire que c’est l’imagination qui travaille….j’aime l’idée qu’on suivre le cours d’un arc en ciel pour voir ce qui nous attend au pied de celui-ci…c’est très poétique…(en plus d’être loufoque)

  5. Leodamgan dit :

    Je croyais qu’on trouvait des pots d’or au pied d’un arc-en-ciel et pas des guépards! 😉
    Quelle aventure!

  6. entre agave et baobab, octobre n’a qu’à bien se tenir !!

  7. filamots dit :

    Une inclination à quarante-cinq degrés ? La photo n’est pas de moi, n’y ai jamais mis les pieds là-bas, elle m’amuse 🙂

  8. martine dit :

    Vas où tu veux, je te suivrai où tu voudras…

  9. jacou33 dit :

    Fatima, maraboutée, tête à queue, queue du diable, bleus et bosses…
    Je copie le lien,

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