Agenda ironique d’octobre-Où vas-tu toi qui ne sais pas qui tu es ?

Bizarrement il se dessine une suite à ce conte qui n’en est pas un, j’espère que j’aurai le temps de la mener à bien, mais une personne a bien dit que c’était le chemin qui comptait, non ?

Cheetah (Acinonyx Jubatus) In Front Of A Rainbow



Le guépard la regarda venir jusqu’à lui et lorsqu’elle fut arrivée à ses côtés détourna les yeux vers l’horizon où se dessinait encore l’arc-en-ciel.

-« Tu en as mis du temps lui dit-il. »

Parut-elle étonnée, sans doute, rien ne l’avait préparée à ce périple, ni toi lecteur qui pensait tranquillement pouvoir lire un conte de fée sans chercher à se creuser plus la cervelle que l’autrice.

-« Je ne te conseille pas de t’asseoir là, c’est plein de crottes d’éléphants »

Fatima regarda un peu dégoûtée autour d’elle et retourna à la voiture chercher ses chaussures et le bâtard qui dormait tranquillement dans son siège auto.

Elle enfila ses escarpins talon 10 et en boitillant entres les touffes de poacées se mit à marcher dans les traces du guépard qui la précédait sautant d’un bond les endroits à éviter et contournant les touffes piquantes. La savane était verte et fleurie et Fatima aurait bien  cueilli un bouquet de fleurs mais le bâtard pesait à son bras, et s’il se réveillait maintenant c’en serait fait de la pureté et de l’irréalité de cette marche matinale.

Situation 1

Fatima marche dans les traces

Du guépard qui l’attendait

Que pourrait-il se passer

Si rien n’est une menace.

Le problème c’est que tant que tu ne sais pas où tu vas lecteur, tu risques fort de te retrouver ailleurs.

Le bâtard se réveilla en effet. Affamé. Et le guépard l’amena à une éléphante.

-« Peux-tu nourrir le fils de Fatima, lui demanda-t-il »

Et Fatima en tailleur tricot marine et escarpin 10 cm vit Léo son fils boire debout aux mamelles de la vieille matriarche.

Devait-elle remercier ? Comment faire en ces cas-là ? Et puis elle aussi commençait à avoir faim. Elle aurait bien préféré que le bâtard soit un bon pain de campagne croustillant mais bref, je ne vais pas recommencer mon histoire à zéro ! Elle quitta ses escarpins car elle commençait à avoir mal aux chevilles à se tordre les pieds dans les trous de gerbilles.

Situation 6

IL  y a parfois conte et conte

Les fées n’ont qu’à bien se tenir

Si la savane veut fleurir

Pour nourrir les mastodontes.

Rassasié, l’enfant vint vers elle en dansant et il lui sembla qu’il avait grandi de plusieurs centimètres. Il la prit par la main et l’entraîna sur les traces du guépard qui avait repris sa route de son pas souple et chaloupé, le bout de sa queue noir ondulant au-dessus des grandes herbes ondoyantes.

guepard dos

Le ciel était vide et  le soleil haut et ils marchèrent toute la journée. L’ombre n’était pas. Suivant le bout ondulant de la queue du léopard, Fatima au fil des heures sentit monter en elle un chant au rythme de ses pas, un chant lancinant qui semblait sortir de la terre elle-même et monter dans son corps brûlant. Le bâtard avait lâché sa main et marchait à ses côtés lorsqu’ils arrivèrent en vue d’un village.

Situation 7

Parfois la fin d’un voyage

N’est qu’un début de saison

Pas de rue pas de maison

Et c’est pourtant un village.

Ici aussi il avait plu, et les enfants jouaient dans les flaques au bord du fleuve, riant et claquant des mains dans l’eau. Léo la regarda.

-« Vas-y, lui dit-elle, mais rappelle-toi, nous ne sommes pas d’ici »

A l’ombre clairsemée d’un acacia quelques poulets étiques picoraient. Elle s’approcha intriguée. Le léopard s’était perché sur les branches hautes et allait s’endormir.

guepard

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8 réflexions sur “Agenda ironique d’octobre-Où vas-tu toi qui ne sais pas qui tu es ?

  1. […] voici que monesille nous revient avec une Fatima, et une question existentielle, sempiternelle, où vas-tu, toi qui ne […]

  2. jobougon dit :

    Il est vrai que la lecture déconcerte, ce qu’il y a de délicieux dans l’écriture, c’est que tout est permis, et ce petit périple à travers la brousse demande au lecteur cet effort d’imagination qui vient compléter et y mettre le sens que l’on veut. C’est une belle communion avec dame nature. Le village sans rue ni maison sera-t-il plein de surprises pour les héros de ce voyage ?

  3. sous les galets dit :

    J’adore vraiment ta phrase « si tu ne sais pas où tu vas, tu risques fortement te retrouver ailleurs », punaise c’est tellement vrai… tu as le sens de la formule.

  4. Un monde bizzaroïde ! Une quatrième dimension ?

  5. Leodamgan dit :

    Ce n’est pas encore la fin de ce conte,j’espère? Hein dis…?

  6. « Parfois la fin d’un voyage n’est qu’un début de saison
    Pas de rue pas de maison et c’est pourtant un village. » 🙂

    la suite !!

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