Le jeudi poésie chez Asphodèle-Ungaretti

 

monesille 017

 

Ô nuits

 

Par l’ample assoiffement de l’aube
Mâture dévoilée.
Douloureux éveils.
Feuilles mes soeurs les feuilles
me lamentant je vous entends.
Automnes,
douceurs moribondes.
Ô jeunesse,
l’heure est à peine échue de la séparation.
Hauts ciels de la jeunesse,
libre élan.

Et me voici déjà désert.
Perdu dans cette courbe de la mélancolie.
Mais la nuit disperse les distances.
Silences d’océans,
nids d’étoiles de l’illusion,
ô nuit.

Giuseppe Ungaretti (traduction Philippe Jaccottet) Dans La vie d’un homme

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20 réflexions sur “Le jeudi poésie chez Asphodèle-Ungaretti

  1. Mind The Gap dit :

    Quelle belle expérience. Génial aussi de nous la faire partager. la façon dont s’est organisé, si j’ai tout suivi tu dois lire les 6 livres très vite ne m’irait pas, surtout quand je vois la sélection. Mathias Malzieu est un artiste avec beaucoup de talent et de coeur, je déteste son style de musique de sauvage mais ses mots peuvent être beaux, j’en suis certain. Je lirai ta chronique avec attention. Dis, t’aurais pas une vacherie sur Luchini (en off, pas ici)…juste pour moi…je ne supporte pas ce type… 😀 😀 😀

    • monesille dit :

      Oui, c’était vraiment super ! Les 6 livres étaient très différents, mais c’est vrai que c’était vraiment court comme délais.
      Ma chronique viendra comme tout, en temps utile. J’essaie de reprendre la vie courante, et c’est un euphémisme 😀
      Bises

  2. Claudine Frey dit :

    Moi je n’ai pas eu de coup de foudre à la première lecture! Pour certains poèmes, il faut que je sois imprégnée pour qu’il me parle (comme pour le Buchau cité par Asphodèle, je reviens le lire et je l’aime de plus en plus)! Dans celui-ci des images me plaisent, « feuilles mes soeurs les feuilles », c’est beau ce vers, l’arrivée de l’automne comme les feuilles, c’est la fin de la jeunesse. Au moins passagèrement la nuit noie tout, estompe tout : « Silences d’océan »  » « nids d’étoiles de l’illusion » , encore des vers qui me touchent.. Finalement j’aime.

    • monesille dit :

      Je pose « je n’ai pas eu le coup de foudre », je retiens « finalement j’aime » et l’addition reste positive 🙂 moi aussi, j’aime !
      Bisous

  3. emilieberd dit :

    L’assoiffement de l’aube, c’est si beau! Ah mince! Comme Val…je viens de remonter les comm…
    Bisous

    • monesille dit :

      euh, de remonter les comm ? j’ai dû rater une correspondance, je rentre à peine de la lune moi !
      Bisous

      • emilieberd dit :

        J’ai lu ton billet, je suis descendue pour écrire mon commentaire et une fois la première phrase écrite, je suis allée lire les autres commentaires.J’ai « remonté » le fil de discussion de mon brouillon de commentaire à ton billet.(Et là je me suis rendue compte que je copiais Val, sans le savoir…) Mais effectivement ce n’est comme faire remonter un commentaire (« up »).
        Elle va bien la lune?😊
        Bisous

  4. Valentyne dit :

    J’ai toujours un peu de mal avec les poèmes qui usent (abusent ?) du ô (Ô nuits…)
    Ceci dit les images sont belles (assoiffement de l’aube me plait beaucoup)

    • monesille dit :

      2 Ô est-ce abuser ?
      Comment rendre aussi brièvement à la fois, l’étonnement, l’émerveillement ?
      J’aime aussi beaucoup l’image de l’aube assoiffée.
      Bisous

  5. modrone dit :

    Je trouve ça un peu froid mais pas mal. Agonie d’automne, haut ciel et élan de la jeunesse. Une certaine logique.La mâture dévoilée, j’aime bien. Merci et à + en poésie.

  6. Asphodèle dit :

    Ho mais là j’ai un coup de foudre ! Bon tu me diras, avec Jacottet à la traduction, comme dit le Dodo, c’est cher ! 😆 C’est surtout très beau ! Bien qu’Ungaretti soit aussi connu pour avoir été fasciste sous Mussolini mais bon, hein, on ne parle pas politique et sur le plan strict de la poésie, c’est fort…

  7. […] – Monesille qui n’a jamais le coeur bien loin de la Botte (transalpine) nous offre « Ô nuits » d’Ungaretti. 2 – Valentyne  a « Le coeur au bond » de René-Guy Cadou. 3- Emilie, […]

  8. évidemment, si c’est Jacottet qui traduit… association de poètes, ça va chercher dans les combiens ?

  9. martine dit :

    […] La nuit disperse les distances […]

    « ENNUI

    Cette nuit elle aussi passera

    Cette solitude tout autour
    ombre titubante des fils de tramways
    sur l’asphalte humide

    Je regarde les têtes des cochers
    qui dans le demi-sommeil
    vacillent »

    Giuseppe Ungaretti

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