Paul n’a pas la frite !

Ce texte est écrit en participation à l’agenda ironique de novembre, découvert par hasard et hébergé mystérieusement par une valentine verte qui nous propose le thème du polar plus d’autres petites succulences dont je n’ai guère tenu compte (aah si le 23 inclu, je fais fort tout de même !)  il est écrit aussi en réponse à une certaine armoire à glace !




polar

Paul n’avait pas la frite.

Cela avait été une de ces journées où tout commence par un rayon de soleil dans un rétroviseur et où tout finit par un temps glaciaire.

Paul était pourtant parti vite à l’heure mais les travaux d’adduction d’eau l’avaient obligé à faire un détour et il avait fini par arriver tard au bureau. En retard pas vraiment, deux minutes mais rouge et suant, d’avoir galopé pour regagner un peu de temps, il avait sursauté lorsque son patron l’avait salué goguenard, l’œil sur la pendule : Bonne journée Monsieur Hard !

Il avait filé écouter ses messages, avait réuni quelques dossiers dans sa serviette,  puis était ressorti aussitôt, pour se rendre compte que le vague éclat de soleil trompeur du début de matinée avait cédé la place à une petite pluie fine et insistante, évidemment il n’avait pas pris son parapluie. Il remonta le col de sa gabardine noire. Ses cheveux trop longs s’égouttèrent dans son col. Il savait bien qu’il aurait dû passer chez le coiffeur mais dans ce lieu incertain, il  aurait fallu expliquer, court mais pas trop, juste pouvoir changer la raie de côté lorsqu’il  le fallait. Il s’en fichait de la coupe, il n’allait de toute manière pas participer à un concours d’élégance avec son cou trop mince dans son col trempé !

Tout en marchant d’un pas rapide il évitait au maximum les flaques d’eau mais ne pouvait rien faire contre l’armée furieuse des voitures qui venant de derrière lui soulevaient de grandes gerbes d’eau qui l’arrosaient au passage. Il finit par ne plus y prêter attention, changeant seulement sa serviette de côté pour la mettre à l’abri. C’est donc trempé sous les vents de Neptune qu’il sonna chez sa première cliente, son imper ruisselant sur son pantalon mouillé, bien évidemment elle ne le laissa pas entrer, même son petit coup d’œil appelant la sympathie, allez -vous n’allez pas me laisser dehors comme un chien, ne fonctionna pas, et elle lui referma la porte au nez.

Paul commençait à se douter que la matinée était mal engagée et regardant sa montre dont les aiguilles brillaient à travers la buée du cadran, il constata qu’il était déjà presque onze heures !

Foutu pour foutu il décida d’aller prendre un petit café au troquet du coin, cela le  réchaufferait un peu et lui permettrait  peut-être de reprendre un aspect présentable.

Accoudé au comptoir  il s’avisa qu’il  avait un petit creux et demanda à l’homme à l’envers devant sa glace, s’il pouvait  avoir une barquette de frites avec son café :

-Pas de frite le 23, lui rétorqua celui-ci.

Il était dit que Paul Hard n’aurait pas la frite aujourd’hui.




🙂 Allez zou j’ai  fini par lire tout le règlement du  jeu et vous pouvez deviner 6 titres de polar, tous du même auteur, dans le texte.




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24 réflexions sur “Paul n’a pas la frite !

  1. J’ai un peu honte… Je roulais par cette matinée de gros crachin… Elle avait si bien débuté… Je laissais ma chérie endormie, du pain délicieux associé à une confiture du tonnerre, un café corsé com’ il faut… Puis… La vitre avant-gauche qui ne marche plus, ce f… voyant qui se rallume ! Alors, je tape sur le tableau de bord… Pan, mon patron qui m’appelle ! Je décroche juste comme je croise des gendarmes… Sifflet ! Je m’arrête ! Contredanse ! Je repars, un peu moins d’humeur ! La radio pour me calmer. Impossible de capter autre chose que la misère du Monde. J’éteins, je fulmine… Et là, je vois sur le trottoir, venant à ma rencontre,un mec en gabardine, déjà tout trempé et, entre nous, une énoooooooorme flaque d’eau !!!
    J’avoue, j’ai fait un écart… Cela m’a fait du bien sur le coup… Si j’avais su que c’était Paul…
    Pourra-t-il un jour me pardonner ?

  2. laurence délis dit :

    Fan de Vargas, Monesille ? Je ne peux qu’approuver ! 🙂 Les six titres qui jalonnent le texte se prêtent bien au récit. J’ai particulièrement apprécié l’atmosphère décrite, on visualise très bien cette matinée humide vécue par le personnage.

  3. Asphodèle dit :

    Arf la dure vie des gagnants ! Il y a des jours comme ça où on aurait mieux fait de rester au lit ! J’ai reconnu Fred Vargas (mais en cherchant, ils sont bien mis tes titres) « Les vents de Neptune » et l’Armée furieuse », entre autres ! Je n’ai lu qu’un livre d’elle et il m’est tombé des mains mais c’était pas le meilleur d’après les pros…Je la relirai avec Adamsberg ! 🙂 Bisous Dame Camomille, ton texte est chouette !!! 😉

    • monesille dit :

      Lorsque j’ai « rencontré » Fred Vargas j’ai acheté d’un coup tous ses livres et j’ai tout lu d’une seule traite, j’attends avec patience qu’elle réitére mais visiblement elle n’est pas du style à se laisser aller dans le moyen-moyen, elle doit peaufiner !
      Donc je te mets les autres titres ! Temps glaciaires, l’homme à l’envers, pars vite et reviens tard, un lieu incertain.
      Bisous Dame Asphodèle (je me demande si on peut faire de la tisane d’Asphodèle ?°

      • Asphodèle dit :

        Je vais le relire avec ces titres (que je connais en plus mais tu les as bien planqués^^) et je la lirai un jour car je peux te dire que celui que j’ai lu (il doit être dans ma liste d’Auteurs chroniqués sur la Page, j’ai même oublié le titre) était vraiment bâclé et…pour qu’il me tombe des mains… De la tisane d’Asphodèle ? Non mais ça va pas la tête, tu veux t’empoisonner ou quoi ??? 😀

  4. il y a beaucoup d’eau dans cette histoire. Ça manque un peu de pastaga… j’imagine qu’en rentrant chez lui sa maison aura été inondée par les fameux travaux d’adduction d’eau du matin . lol

  5. Mind The Gap dit :

    J’ai toujours rien compris à ce truc mais je je trouve touchant ton personnage…dur dur d’être un winer 😀

  6. Leodamgan dit :

    Je suis ruisselante d’admiration pour l’ambiance du texte!!!
    Par contre, pour les titres de polars, je sèche… 😉

  7. jacou33 dit :

    Je n’ai jamais lu Fred Vargas, mais je reprendrais bien du Paul Hard.
    Sinon, SOUS LE VENT DE NEPTUNE, et quatre autres…il m’en manque un.

  8. […] le fil, Jacou met en scène un couple surprenant et Monesille enquête avec Mr  Paul Hard, un enquêteur que Fred Vargas ne renierait […]

  9. Valentyne dit :

    Étant plus Paul Emploi en ce moment que Paul Hard, je me suis délectée des tribulations de celui ci
    J’ai reconnu cette chère Fred V. Son homme à l’envers et son vent de Neptune et d’autres que je laisse aux autres enquêteurs et trices
    Bisesssss

    • monesille dit :

      Fred V étant la seule autrice de polar que j’ai lue en entier, je ne pouvais pas faire sans. Il y a des fois où Paul Emploi me donnerait bien des envies de 5 à 7 🙂
      Bises

  10. Impressionnante description d’une matinée maudite 🙂 et en effet, à ce régime le pauvre Paul n’aura bientôt que la peau sur le lard !
    sinon, je suis tout ému de voir que l’armoire à glace fait des émules !!

    viiiite, une autre histoire… l’après-midi de monsieur Hard ?

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