Agenda de Janvier, ironie de l’espace-temps.

A tout seigneur, tout honneur, pour cette nouvelle année l’agenda ironique est initialisé par son créateur, le Carnet paresseux, dit Raphus Cuculatus pour les intimes. Ah, diantre il a bien  concocté son coup pour débuter l’année. Un sujet tournicotant et insaisissable : Espèces d’espace  agrémenté de quelques petites fioritures de mots incasables dans tout texte normalement constitué : hippocampe, mimosa, n’importe, chat, manger, tentacule, épuiser, vert.  Tout cela avant le 18 janvier, oui, je sais il nous a assuré qu’il accepterait de faire légèrement glisser la date butoir de quelques jours ! Mais qui nous dit que… , enfin, moi je préfère m’en tenir au réglement ???? Quoi ? Ai-je écrit ça moi ??? je n’en crois pas mes yeux ! N’en augurez, c’est juste une réaction réactionnelle ! J’ai d’ailleurs profité de son exemple pour berluficoter quelques mots.

Je vous laisse lire ma mouture et découvrir aussi les autres participants , le vote aura lieu jusqu’au 25, ne laissez pas passer une chance de voter pour quelque chose d’utile, ça vous changera, a !




Ironie de l’espace temps.

Ce que je vais raconter, d’autres l’ont déjà fait mais il parfois utile de rabâcher tant les hommes et l’histoire ont peu de mémoire. Les écrits anciens perdurent mais qui les connait encore ? Et l’on se presse plus volontiers aux portes des folklores virevoltants qu’à celles des études nécessitant réflexion et concentration.

En XX16 la terre avait tremblé à Jesancas, en décembre, alors que l’hiver avait été très doux et que chacun profitait avec délice de toute la végétation en avance. Paniqué le peuple était sorti des maisons mais les études sur les tremblements de terre avaient depuis longtemps prouvé que ces phénomènes étaient naturels et que rien donc ne servait de s’épuiser inutilement à en chercher la cause. Et chacun avait, qui restauré ce qui restait de sa ruine, qui mis son balluchon sur son dos pour  hippocamper vers une terre plus accueillante.

Puis en XX17, en mars la terre avait tremblé à Kernondac, et les fleurs à peine écloses avaient brusquement noirci dans un nuage gluant et humide. Encore une fois,  le peuple effrayé était sorti des maisons ne sachant trop s’il valait mieux prendre une pierre sur la tête, ou un nuage de gaz dans les yeux, le plus impalpable étant le moins inquiétant, les gens avaient erré dehors un certain temps. N’importe,  la date des ides approchait. Les hommes rentrèrent préparer à manger, les enfants partirent cueillir quelques branches restées vertes et les femmes firent une telle bombance ce soir-là que la natalité crût de façon spectaculaire.

De là à en conclure que les tremblements de terre étaient favorables à la fécondité, il n’y eut qu’un pas, que firent certains, élevant un autel à la nature qui favorisait si plaisamment les familles.

Les enfants nés dans l’année furent considérés comme sanctifié par la terre et par là-même chanceux. Et lorsque, au début du printemps suivant, la terre trembla à nouveau broyant sous les décombres un nouveau-né vagissant, celui-ci fut considéré comme élu, choisi par la  déesse et il fut prédit que son nom traverserait les siècles. Et, de fait, son nom fut donné de cycle en cycle au premier né de chaque famille, protégé ainsi par le sacrifice du premier du nom. Ces enfants choyés tiraient honneur de leur bonheur et la population leur rendait hommage, payant une annone afin de les dispenser de toute peine, en dépit d’un temps maussade et de maigres récoltes. A la satisfaction générale, pendant plusieurs années, la terre ne trembla plus.

Certains pensèrent alors que la déesse terre s’était calmée, apaisée par les hommages, mais beaucoup murmurèrent  qu’elle les avait abandonnés et se lamentèrent disant que les premiers du nom ne remplissaient pas correctement leur office, et que les honorer à grand frais coûtait inutilement. Puis subitement, la terre trembla, trois fois, les crevasses dans le sol se multiplièrent tentaculairement, les rats, les chats,  les éléphants se mirent à fuir (ceux qui ont pensé licorne ont un gage) et les deux moitiés de la population se dressèrent l’une contre l’autre, ceux qui disaient que les premiers du nom étaient utiles et ceux qui disaient qu’ils ne l’étaient pas.

Nul ne savait plus à quoi correspondait vraiment la définition d’utile et tous avaient oublié, ainsi que l’avait appris les anciens que les tremblements de terre étaient dénués de toute relation de cause à effet avec les agissements humains.

En effet le géant Beth, frappa une nouvelle fois du pied avant d’éternuer, décidément quelle plaie, l’allergie au mimosa !




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48 réflexions sur “Agenda de Janvier, ironie de l’espace-temps.

  1. […] Delis (Des mots et des histoires),  PatchCath (Heureux et pas si petit que ça), Monesille (ironie de l’espace-temps) et moi (Noé, la nuit) […]

  2. Délicieuse chute !!! Cependant, des théories attribuent le tremblement de XX17 à la licorne géante Pétunia après une indigestion de mimosas ayant en elle provoqué des gaz effroyables… Bon, c’est une théorie !
    Bravo, finement mené !!!

  3. Valentyne dit :

    Extra:-)
    Mimosa m’a toujours fait penser à Popeye 🙂 (commentaire n’ayant rien à voir …quoique )
    Bisessss

  4. gibulène dit :

    Eh bien j’ai étudié la mythologie il y a quelques décennies, mais cette partie là m’avait complètement échappé !!! 😀 Merci de nous l’avoir contée…. quant à l’acacia dealbata objet de tes allergies, il fût aussi un problème dans mon microjardin, j’ai dû m’en séparer 😦 !!!

  5. Allergie, certes, mais allergie mythologique!!!

  6. grumots dit :

    Hihi excellent 🙂

  7. maitre renard dit :

    C’est quoi, mon gage?

  8. Asphodèle dit :

    Hi quel talent Dame Camomille ! C’est quoi ce verbe « hippocamper », hummm ? 😆 Et le Dodo ne dit rien ? Arf ! Tes Ides sont très pertinentes (et drôles) et poétiques, du Monesille, du bon ! 😉

  9. emilieberd dit :

    Whouah! Très belle chute, je ne m’y attendais pas…J’étais prise aux mains du suspens de ton texte!
    Bravo!
    Bises

  10. Leodamgan dit :

    J’adore cette mythologie inventée (ou redécouverte?).
    Bonne journée,
    Mo

  11. celestine dit :

    Voilà un texte qui nous remet les Ides en place !
    Chapeau pour cette mythologie fabuleuse, Monesille, j’ai eu peur, j’ai cru que tu avais déclaré forfait. C’est fort (bien) fait !
    ¸¸.•*¨*• ☆

  12. patchcath dit :

    Tendre, et je souris. Moi-aussi je suis un peu Beth. C’est pas très marrant, mes yeux pleurent, les autres me croient triste, et si je leur explique, ça les rend tristes? Alors tu vois je ne leur dis pas que c’est comme ça le mimosa avec moi.

  13. […] (espace-Temps), PatchCath (Heureux et pas si petit que ça) et en dernière minute Monesille (ironie de l’espace-temps) ! Merci à tous […]

  14. jobougon dit :

    Elle est bath, cette histoire !
    Mais qu’il est bête ce grand géant de n’avoir pensé aux conséquences de son allergie. Ne connait-il donc pas les anti-histaminiques ?
    Macbeth en aurait bien rit.
    Lui qui mouchat vert à chaque éternuement.
    Bravo pour cette idée du tonnerre.
    😀

  15. décidément, l’aile du papillon et l’allergie au mimosa ont bien des responsabilités ; et la prochaine fois ça sera l’allergie à la mimolette…. :))

  16. Malheureux les allergiques au mimosa, au soleil, au chant des cigales !

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