Philoso-fée

avatar fotolocoCher lecteur assidu, je te parle en direct les yeux dans les yeux là, car pressée par l’horloge qui doit bientôt sonner les douze coups fatidiques de la fin du concours je n’ai guère le temps de mettre le récit à la troisième personne afin de dépassionner les débats. Rassure-moi, cher lecteur assidu : tu avais compris que l’autrice, c’était moi, c’était Elle, quoi ?

En  ce moment, je suis là , sur les bords du lac Corrib et je regarde les poneys sauvages de Michel Déon venir lentement vers moi dans la brume, une fois j’ai même cru voir un arbre qui répondait à un dodo qui dormait sur le dos bras dessus-bras dessous avec un Ornithorynque aux pieds mouillés( oui, je sais c’est facile !)

Je fais défiler dans ma mémoire cet été magique, où se sont passés tant d’événements merveilleux. En plus ils ont rediffusé « L’ours de « Jean-Jacques Annaud» à la télé, tu vois  ça été un été émouvant !

Cher lecteur assidu, tu te demandes sans doute comment j’ai atterri ici ? Attends un peu que je t’explique :

Après la peur qu’elle avait eu, la petite fée était revenue toute pleurante, grelottante et tremblante  se blottir contre mon épaule. J’avais eu le plus grand mal à me libérer un peu  pour lui tricoter un pull avec tous ces fils d’histoire semés un peu partout. Je vais t’avouer une chose, je ne suis pas une tricoteuse émérite et le pull était quelque peu de guingois, mais il  était bien chaud et la fée s’était peu à peu rassérénée et avait recyclé quelques couleurs.

Le lendemain ragaillardie, elle recommençait à zonzonner partout sur mon bureau, dérangeant mes crayons, faisant des claquettes sur mon clavier, grignotant des cra-princes à l’ail, on ne sait jamais ça  peut servir,  affublée de son pull qui lui descendait jusques aux genoux, lorsque le  Leprechaun refit surface dans le mug. En entendant remuer les crayons, la fée a quelque peu paniqué :

-« Cache-moi, cache-moi, je ne veux pas qu’il me voit habillée comme ça ! »

-« Enfile donc ta robe »

Sa moue de fée battue m’a fait comprendre…

-«  J’ai toujours droit à un souhait »

-«  Trois même normalement, attends que je relise le règlement ! »

Enfin, les choses avaient l’air de reprendre leur cours normalement anormal.

-«  Quelle est ta fleur préférée ? »

-« La violette ! »

-« Que ta robe devienne violette ! »

Et hop, la petite fée stupéfaite et radieuse souleva les bras et enfila en un éclair sa délicieuse robe devenue d’une couleur délicate de violette intense et parfumée.

-« Mais, mais… normalement ce sont tes souhaits que je dois réaliser ! »

-« Oh, moi tu sais en réfléchissant j’ai tout ce que je veux, j’ai un chéri-chéri digne d’être fée dans un conte de prince, deux poulains comme  les 4 fantastiques, j’ai même un Petit-Trésor, que voudrais-tu que je désire de plus ? »

Le Leprechaun arriva sur ces entre-fêtes, et les yeux lui sortirent de la tête. On aurait dit le loup de Tex Avery et comme trois petits cochons passaient par là empêtrés dans leurs difficultés administratives , il  demanda un petit interlude pour aller se payer une tranche de rêve !

Quand il revint ses joues toute rouges et ses yeux brillants allaient très bien avec son habit vert et il  lui ouvrit les bras où elle se précipita. Comme quoi, comme on  dit,  un câlin vaut mieux que dix milles mots. Les retrouvailles furent caliente et il  me fallut bien sortir prendre l’air un moment  pour les laisser un peu seuls…

Au bout d’un moment la porte se rouvrit, ils étaient prêts à repartir au pays toujours vert des arcs-en-ciel et de la magie.

Toutes les histoires ont une fin et celle-là me laissait un goût léger d’inachevé. Mais pas qu’à moi.

-«  Et si elle venait avec nous ? »

-« Il  suffit qu’elle en fasse le vœu ! »

-« Oh, oui, je peux emmener ma marmaille avec moi ? »

Et hop, tout mon petit  monde glissa le long de l’arc-en-ciel en même temps que la petite fée habillée de violette et le Leprechaun qui ne se lâchaient plus la main ni le reste d’ailleurs, sans même avoir le vertige, ce qui tout de même est bien un signe de magie.

Et voilà pourquoi, depuis, je rêve à l’encre violette. Il y a parfois quelques traces de paillettes au milieu de mes mots, je sais bien pourquoi elles sont là !

Il  me reste un vœu à faire, j’ai du mal à me décider, si l’un de vous a un désir, qu’il l’exprime, je verrai si je peux faire quelque chose.


Fin, refin, rerefin, rererefin  et fin de rerererefin !

En comptant sur toutes mes extrémités ça fait bien cinq épisodes !

Et je peux, l’esprit en paix, te laisser vaquer à tes occupations, cher électeur assidu, une fée vient me chercher pour aller tirer une citrouille !




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Agenda ironique d’Août ! La fée bleue- Conte pluvieux, conte heureux !

L’agenda ironique n’en finit décidément pas de rebondir ce mois-ci ! Plon, plon, plon, plon ! Mais les sourires se mangent sans fin !

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Mille excuses à Jobougon pour le surcroît de travail mais j’avais deux canines aux fesses et il me fallait absolument réagir promptement ! Vous comprendrez aisément que pressée par l’urgence, je n’ai pas eu le temps de prendre des photos des événements. Celles qui ornent ce conte sont donc une mise en valeur d’éminents talents sur internet, si leurs auteurs contestent leurs participations attractives à ces aventures dénuées de réalité, je ferai en sorte de leur trouver des remplaçants plus coopératifs. Non mais !-)

Pour les précédents épisodes voir: la fée bleue ici, la bagarre de la fée bleue,ici, et un rayon de soleil plus tard, ici.


Conte pluvieux, conte heureux !


Il pleuvait ! Enfin ! Les poissons assoiffés de la rivière allaient pouvoir reprendre leurs concours de rond dans l’eau. Une délicieuse fraîcheur propulsée par un vent tourbillonnant envahissait la chambre à cette heure de non-travail dont Elle avait moelleusement envie de déguster chaque minute, mi-assise, mi-allongée sur Son lit, le PC sur les genoux afin de se promener un peu dans le délicat labyrinthe des contes de l’agenda ironique d’Août où la sœur de Phèdre elle-même aurait laissé choir un rang ses mailles de jacquard. (remarque non sexiste mais je pense que seules les femmes peuvent comprendre cette allusion :).

Sitôt happée par l’embrouillamini des discussions, Elle entendit à travers l’écran des pas précipités, les touches s’agitèrent d’elles-mêmes  et *# ;/*µ s’afficha sur l’écran suivi d’un sourire en forme d’énergique point d’exclamation !

savemybrain.net

-« Dis donc toi ! »

Un peu surprise à cette heure de presque sieste par cette interpellation vigoureuse, l’autrice émis un baîîîllement à peine dissimulé :

-« Quoi, encore ! »

-« Passons, passons, puisque tout passe mais faudrait voir à t’occuper un peu de tes personnages au lieu de les laisser vagabonder dans le plus simple appareil sur une toile ouverte à tout vent »

-« Ça je me doutais qu’elle allait se les cailler avec le temps qu’il fait là-bas ! »

-« Il s’agit bien de température ! Tu n’entends rien ? »

Elle tendit l’oreille qu’Elle avait dure n’étant plus d’âge tendre et ouït un faible « Au secours, au secours » s’échappant de la pile d’onglets fraîchement taillés (euh, ouverts, c’est la bavette qu’on taille me dit mon boucher ! fin de la digression)

-« Onglet N°6 » asséna le sourire en forme d’ad libitum avant de disparaître.

L’autrice se précipita sur le dit onglet  où en effet entre deux troncs noueux et couverts de mousses, de champignons et autres insectes dégueulasses se faufilait une fée effrayée et toute égratignée de ronces suivie d’un Leprechaun, impuissant à la défendre contre une Blanche-neige d’antan déchaînée sur eux par un coussinet  brandissant un Dodo abasourdi.

Comment intervenir dans une histoire sans en modifier la fin, qu’Elle eut voulu victorieuse pour Elle et heureuse pour la fée à laquelle au fil des pages…Etc, etc !

amouressenceciel.forumactif.com

Quand même, elle aurait bien pu se dépatouiller toute seule cette nomène avec sa baguette ! Tiens donc la baguette ! Que n’y avait-Elle pensé plus tôt, les  bikinis  à l’instar des chemises de nuits n’ont pas de poches, fussent-ils taillés dans des rayons de soleil, et la fée avait donc laissé sa baguette,  posée là, sur le dictionnaire. Attrapée délicatement entre deux ongles, la baguette fut vainement agitée. Peine perdue, Elle n’avait aucune idée des formules magiques en cours sur les I-phones actuels !

Elle tenta un Abracadabra forcément obsolète, un Avada  Kedavra de facture pourtant plus récente ». Mais rien ne se passa. Aha !

Quelle poisse !

Blanche-neige gagnait du terrain. « Ce tiercé est une équation à plusieurs inconnues! 9 des 17 partants débutent dans les courses handicap, de plus le terrain assoupli – par les pluies des dernières heures –  corse les affaires des turfistes. Cela dit, la bonne combinaison du Quinté est trouvée… Rapport 91 697,40 € pour 2 € » nous rapporta une Valentyne enthousiasmée !

poulain

-« Fallait lui acheter des allumettes« , me lança une Martine prête à en découdre pour défendre le canard et l’orpheline.

-« Aie, aie, aie, elle va me manger toute crue comme une apparence ! » cria la fée de plus en plus faiblement en se débattant entre deux canines pointues qui s’approchaient inexorablement de son sein palpitant pendant que le Leprechaun essayait de soudoyer la vampiresse avec quelques pièces d’or tirées de son chaudron quand c’est de l’argent qu’il eût fallu !

Ayé  « De l’ail !  » l’étincelle jaillit de Son cerveau, embrumé par l’heure de la sieste qui était en train de lui passer sous le nez, alourdi par une formidable remontée odorante de la délicieuse poêlée de cuisses de cra-prince à la persillade dont elle avait fait son régal ce midi.

-« Burp » (scusez madame Celestine) un rôt énorme empestant l’ail Lui échappa qui balaya sur l’écran la Blanche-neige qui supportait peut-être les remugles des faunes de Cendrillon mais sans doute pas une odeur aussi triviale.

La fée la goutte au nez, un peu rosse, dit qu’elle ne dirait plus jamais de mal des fées-tides et pour fée-ter ça, proposa à son Leprounet chéri d’aller boire une bonne stout au premier pub qu’ils  croiseraient sur leur route lorsqu’ils seraient enfin sortis de cette  *# ;/*µ de forêt !

Cela ne manqua pas : Plop, Un sourire apparu sur l’écran Avec deux yeux qui roulaient dans tous les sens.

fr.up-wallpaper.com

-«Et alors, et alors ?»

Naïf lecteur, penses-tu que l’autrice va tomber dans un piège aussi grossier ?

-« Et alors ? Rien ! Stout est bien qui finit bien »

Et le clap de fin lui tomba juste au ras des fesses comme Elle s’endormait sur le clavier en finissant de taper cette fin-là !

De toute façon Elle n’avait plus faim !




Fin, fin, fin et refin !

(Toute ressemblance avec des personnages ou des situations existants ou ayant existé ne serait qu’un furieux délire issu de vos inconscients réduits aux abois 🙂

detendez-vous.whoo.net



L’agenda ironique-La fée bleue-Un rayon de soleil plus tard !

Plébiscitée par les habitants de la blogosphère imaginaire, cette fée s’est un peu incrustée dans ma participation au concours de l’agenda ironique de Jobougon pour le mois d’Août ! C’est l’été, laissons-la faire son travail de cigale, quand l’automne sera venu, elle risque de s’absenter quelque temps pour raisons… personnelles.

Pour ceux qui ont du mal à suivre, des sessions de rattrapage sont organisées :

– la fée bleue début de la fin  là

– la bagarre de la fée bleu ici


 Un rayon de soleil plus tard !


Il  faut bien reconnaître que Ses nuits étaient plus fraîches que vos jours et Elle profitait de la tranquillité nocturne enfin retrouvée pour écrire, récupérant des forces en dormant fort tard le matin, et répondant le reste des journées sporadiquement aux commentaires hilarantico-exubérants qu’avaient déchaînés sur Son blog, les aventures estivales d’une fée bleue-gnasse filiforme.

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Assise à sa table de travail, Elle goûtait tranquillement la douce vue par la fenêtre de l’aube grise sur les toits gris lorsqu’un tourbillon aussi bariolé que le blog de Mindthegap traversa Son bureau comme un ouragan en faisant gaiement des claquettes avant d’aller s’engouffrer entre les pages du dictionnaire. Elle avait juste eu le temps de reconnaître la fée bleue ainsi coloriée. Dans ses pas s’envolèrent les feuillets sur sa table comme feuilles sèches sous les platanes par jour de grand mistral, mais Elle s’aperçut du coin de l’œil que le Leprechaun sur le mug sombre ne souriait plus, mais alors absolument plus !

Se doutant qu’il y avait anguille sous arc-en-ciel, elle appliqua la méthode qui lui avait réussi dans un autre épisode, et pour ne pas effaroucher cet être, tellement effarouchable que peu de gens peuvent se vanter d’en avoir effectivement vu un, Elle concentra fixement son regard sur une page… blanche, faisant mine de se désintéresser totalement du reste. Le Leprechaun grognon voyant que rien ne remuait se décolla discrètement du mug sombre et se faufila derrière les poupées russes grisounettes dans le petit matin.

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Il  regardait avidement dans toutes les directions, mais rien d’autre que lui ne bougeait. Elle venait de finir de lire Martin Eden de Jack London où Elle avait appris que dans un jeu où on ne connaît pas les règles on a intérêt à laisser l’adversaire jouer en premier. Elle resta donc tranquille en regardant encore plus fixement si  possible sa page …blanche.  Le Leprechaun rassuré ou intrigué par Son immobilité  se lança :

-« Ahem, » toussota-t-il.

Imperturbable, Elle leva un sourcil interrogatif.

-«  Ahem, désolé de vous déranger, vous n’auriez pas vu passer une ♥¥Δ±œ♥ de fée ? »(veuillez, chers lecteurs assidus, noter le changement de vocabulaire adjectival par rapport à ces  *# ;/*µ  de tourterelles).

-« De quelle couleur  ? »

Elle comprit qu’Elle avait tapé dans le mille en voyant le Leprechaun se renfrogner encore plus si cela était possible.

-« C’est bien là le problème ! Elle m’a piqué les couleurs de l’arc-en-ciel »

Du coin de l’œil gauche, Elle vit la couverture du dictionnaire se gondoler doucement et un gloussement pas très discret sortit d’entre les pages révélant la cachette au Leprechaun furibond !

-« Sors de là traîtresse »

-« Mais voyons Leprounet ! »

Ils en étaient là, les pauvres !

-« Sors de là, nom d’un sort »

La fée multicolore s’extirpa soyeusement des pages roses du dictionnaire où l’autrice piochait les citations nécessaires à la résolution des énigmes du Vae Victis de Martine.

-« Mais enfin Leprounet, ne sois donc pas rabat-joie, j’avais juste envie de changer un peu de robe, ce n’est pas un drame !»

-« Pas un drame ? Regarde autour de toi, le jour se lève et les toits sont encore gris, le mug est sombre, même les poupées russes font grise mine. Tu veux me faire perdre mon taf ou quoi ? Tu ne peux donc pas faire les boutiques comme tout le monde ! Tu n’as qu’à taper dans le chaudron mais rends moi les couleurs ! »

L’autrice intervint :

-« C’est généreux comme proposition, tu sais, et puis le coup de la page blanche, ce n’est pas à ton avantage, ça te fait disparaître ! »

L’argument eut l’air de toucher juste, et la fée secoua la tête d’un air désolé.

-« Mais je ne peux pas quitter mes couleurs de robe comme ça moi, je n’ai rien emporté d’autre ! Et puis j’en ai marre du bleu, toujours du bleu ! Même Valentyne m’a prise pour la fée de Pinocchio ! »

Le Leprechaun et Elle se lancèrent un rapide coup d’œil ! C’est vrai que le bleu à la fin…ça pouvait lasser, faire croire à du blues, ce qui était l’exact contraire de cet être délicieux et légèrement excentrique de fée un peu gnasse mais tout de même très stive. Elle reconnut que l’accoutrement du Leprechaun ne lui donnait pas trop matière à  parler dans le domaine de l’élégance et Elle sortit ses ciseaux d’argent tandis que le Leprechaun fermait les yeux  et, pendant que la fée toute nue se tortillait derrière les poupées russes, le jardin de Leodamgam ayant retrouvé ses couleurs, elle découpa un amour de petit bikini dans le premier rayon de soleil qui passa entre les branches du citronnier en fleur. La petite fée sauta dans l’absence de tissu et se dandina :

Pâques 2015 276

-« Ouh, c’est doux, c’est léger, je vais enfin pouvoir bronzer ! » et sous les yeux éblouis (et rouverts pour le coup) du Leprechaun elle commença à se déhancher en fredonnant une chanson de Zaz :

Chic, Je vais pouvoir aller voir s’il  y a réellement une plage souslesgalets»

-« Ahem, bon, ben c’est pas tout ça, mais moi, il me faut retourner bosser, il y a un bouc qui m’attend au puck fair de  Killorglin »

10082013-P1070765 dit Le Léprechaun aussi dignement qu’il  lui était encore possible. En plus il me faut aller donner un coup de main à un cousin Troll d’écosse qui doit débarque dans un non-texte chez l’Ornithorynque »

-« Je peux venir avec toi »

-« Habillée comme ça ? »

Puis il haussa les épaules, tendit la main à sa fée vêtue de soleil et tous deux sautèrent allègrement  main dans la main dans le mug revenue allant vert.

Le monde aussi était à l’envers, c’était Elle qui réalisait les souhaits d’une fée maintenant ! Elle espérait bien recevoir un fée-repart pour avoir des nouvelles de ce petit être auquel au fil des pages, elle avait fini par s’attacher.



re-re-Fin


L’agenda ironique d’août-la bagarre de la fée bleue

Il n’était pas vraiment prévu une suite à cette aventure de la fée bleue écrite pour l’agenda ironique proposé par jobougon pour le mois d’Août  (bon sang de bonsoir il est placé où ce fichu accent circonflexe) mais c’est la faute à une pattedansl’encrier qui a mis la patte… dans l’encrier ! Tant pis pour vous !

Pour ceusses qui n’étaient pas là, vous pouvez lire le début de la fin par ici !



La bagarre de la fée bleue

Il est bien connu qu’à la saint Dominique, toute fée meurt ou prend racine, et nonobstant les quelques paillettes aux yeux que la fée bleue avait jetées, Elle la retrouva le lendemain, perchée sur le mug en plastique vert où souriait très béatement un trèfle à la main, le Leprechaun rapporté d’Irlande.

fée bleue

Avec indolence, la fée se limait les ongles qu’elle avait très longs comme toutes les fées gnasses, en sifflotant.

-« Non mais, tu as vu tu en fous partout » lui dit-Elle peu amène, ayant gardé en travers de la gorge certaine réflexion au sujet de son compte en banque.

-« Il faut bien que je fasse des réserves de poudre aux yeux »

Cette énigme organique étant levée, Elle tenta de mettre un peu d’ordre dans ses idées qu’Elle avait aussi encombrées que son bureau, il faut préciser que la fête du village battait son plein depuis une semaine, les jeunes gens à crinière graisseuse y compris le prince charmant d’AnneDeLouvainlaNeuve hurlant aux oreilles des branches hautes des platanes abasourdis du passage tourbillonnant de nacelles rouge-luisant donnant le vertige à leur ramure moyenâgeuse surplombant la petite place jusques à une heure avancée de la nuit écourtée à l’autre bout par la mauvaise humeur d’un entrepreneur qui dès l’aurore activait rageusement l’alarme de sa grue de chantier afin de mettre à mal le nouveau maire en provoquant les réactions exaspérées des riverains à ce bruit répétitif et épuisant durant les deux mois de la saison touristique.

Elle commençait à regretter son vœu de silence (non, non ! Pas de chasteté, quoique l’un dépende en grande partie de l’autre) et reluqua la fée d’un air enjôleur.

-« Un peu d’encre, peut-être ? »

-« Non, merci, je n’aime que la sympathique »

Décidément la fée n’allait pas être facile  à amadouer, rebutée qu’elle avait été par la réduction à néant de son boulot de la veille ; comprenant qu’Elle n’en tirerait rien de cette manière, Elle usa de psychologie et comme, si l’autrice ne va pas à la fée, la fée va à l’autrice, Elle fit mine de s’en désintéresser totalement et se remit à sa table de travail. Puisqu’ il était difficile d’écrire quelque chose d’inventif avec autant de gnasserie dans son angle de vision droit, Elle choisit de mettre en forme sur son maltraitement de texte le récit de la première apparition.

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La partie était bien engagée, et la fée l’œil oblique commençait même à sourire en douce à certains passages où elle trouvait ses répliques particulièrement réussies, quand les doigts de l’autrice s’entremêlèrent quelque peu au *# ;/*µ des tourterelles *[i](voir note en bas de page) qualifiant ces *# ;/*µ de tourterelles.

Un petit éclair se produisit, sans doute un court-circuit, et une courte phrase apparut sur l’écran qui disait « il est mort, Jack » agrémenté d’un sourire horizontal et de deux yeux clignotant une fois à la seconde.

Elle attrapa le coupe-papier pour se gratter le dos qui ruisselait en se demandant quoi faire, lorsque le sourire horizontal devint franchement parenthèse vers le bas et siffla :

-« C’est qui elle ? »

-« Elle ? » (Tentez donc d’imiter le ton de l’innocence, les grands yeux candides…)

-« Elle là, sur le pot vert »

-« Euh… la fée bleue ? »

-«  Oh ! Putain »

-« Hé oh, parle-moi meilleur, hein »

-« Pas toi, elle »

-«  De toute façon, ce n’est pas très gentil »

-« Cette manière qu’elle a de se plier aux désirs des autres, tu appelles ça comment ? »

-« Des autres, des autres, comme tu y vas  »

-« 17 % de la population tout de même, ça en fait du monde pour lequel se limer les ongles. »

-« Et toi peut-être tu fais quoi, intervint la fée bleue qui rongeait son frein tout en aiguisant ses ongles en pointe, en plus tu te laisses taper dessus ! »

Elle intervint :-« Attendez ,attendez, vous voulez dire que… »

-« Quoi, qu’est-ce que tu n’as pas compris ? » grondèrent-elle en chœur

-« Le sourire là, sur l’écran, est aussi une fée ? »

La fée bleue pouffa :

-« Une fée en plastique recyclée ! »

Le sourire se transforma en bulle sifflante et soufflante et divers noms volèrent sur fond d’écran.

« Dinosaure à papier, bête machine, coulure antédiluvienne, raclure de pot de yaourt, relent de mazout, délavée de la dernière pluie, recyclage de vibromasseur (c’est quoi cette bouteille de lait ?)

Elle intervint pour ramener le calme en jetant un peu d’essence sur le feu !

-« La paix, matériel d’écriture ! »

Les deux entités la regardèrent d’un air torve et chacune retourna dans son coin de bureau.

-« Vous ne seriez pas là pour exaucer des vœux des fois ? »

-« Ah, non, ce n’est pas mon domaine, j’apparais juste par hasard lorsque tu tapes *# ;/*µ sur le clavier », susurra le sourire en forme d’esperluette avant de s’évanouir dans le fond d’écran.

-« Yes, exulta la fée bleue, le terrain est libre ».

-« Et toi ? Quelques suggestions pour éviter de te fouler la baguette ?» Elle était bien décidée à formuler ses souhaits dans les formes et cherchait fébrilement son pense-bête, le bien-nommé.

-« Bon, si tu veux, mais juste un vite fait, hein, aujourd’hui, en fait j’étais juste là invitée par le Leprechaun à faire une glissade sur son arc-en-ciel,  et d’ailleurs, je crois que c’est l’heure »

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-« Un seul vœu ? »

Le moyen de choisir entre trois espoirs ? Désemparée, Sa liste à la main, Elle barra mentalement, une puis deux idées incongrues qui nécessiteraient ici de trop longs développements et il n’en resta qu’un, griffonné au crayon à la dernière heure de Son insomnie :

-« Je voudrais avoir une idée d’une suite pour mes aventures de la fée bleue, je guigne les 100 000 dollars de prime promis par le carnetparesseux »

-« C’est comme si c’était fait ! »

Et hop, toute légère, la fée sauta dans le mug et disparut entre stylos-billes et autres crayons désœuvrés laissant sur place quelques rognures d’ongles…

Décidément, c’était Sa fête !

Il  ne lui restait plus qu’à faire la mise en page de Son conte tout en changeant l’orthographe de ces *# ;/*µ de tourterelles dont, de toute façon, Elle n’avait jamais réussi à taper le nom correctement au premier essai  (Pas plus que le nom de Leiloona d’ailleurs !)…mais une idée pour la suite avait bel et bien brusquement émergé dans Son esprit !


[i] 1 (j’ai modifié l’orthographe pour que pareille mésaventure ne puisse être réitérée.[i]



Re-Fin

A moins que….




Agenda ironique du mois d’aout : La fée bleue

Organisé ce mois-ci par Jobougon, le concours de l’agenda ironique propose ce mois-ci d’écrire un conte ou une parodie de conte. Ma petite fée bleue m’a soufflé ceci à l’oreille ! Bonne lecture.


Une petite pluie nocturne avait adouci ce dernier jour d’un juillet de feu, qui l’avait laissée exsangue et déshydratée, suffocante, les longues après-midi dans la pénombre des volets mi-clos, guettant sans trop y croire quelques goulées d’air plus frais tard dans les soirées bruyantes de la petite ville touristique où elle avait échoué.

Dans la soirée une odeur de goudron mouillé avait attiré son attention et elle était sortie sur le pas de la porte. « Enfin, s’était-elle dit, l’été est fini ou presque » D’habitude les premières pluies ouvraient la voie aux nuits paisibles et fraîches à partir du 15 Août, mais l’été avait démarré très précocement début juin et deux mois de grande chaleur suffisaient amplement.

La nuit suivante avait été revigorante. Toute la bourgade épuisée avait dormi d’une seule traite au son léger des gouttelettes de cette averse imprévue et dans la température qui avait baissé d’une bonne dizaine de degrés au thermomètre, le réveil avait été délicieux et même un peu frileux, acceptant sur les épaules le drap de lin, rejeté inutile au pied du lit depuis le début de la saison.

Elle profita de la matinée douce et grise pour se remettre à sa table de travail en souffrance depuis trop longtemps déjà.

Sa plume avait séché, sa gomme était grumeleuse, et le papier avait perdu cette onctuosité qui circulait si  librement sous le glissement de l’encre de gauche à droite. Mais cela reviendrait vite, elle en était certaine, connaissant ses instruments par un cœur qu’elle avait tendre et franchement imaginatif.

Elle frotta longuement sa plume en long trait sur la feuille, secoua brusquement la réserve qui se vidangea d’une grosse goutte aplatie en forme de couronne au centre de la feuille. Sous ses yeux incrédules, la goutte rebondit, se reforma, s’étira lentement en irréelle et filiforme silhouette d’un bleu azuréen à la longue chevelure et aux doigts fins qui s’agitèrent brusquement :

fée bleue

-« Oh, la, la, c’est pas trop tôt ! » dit l’étrange créature en ébrouant encore un peu d’encre sur la page alentour.

-« Ce n’est pas trop tôt quoi ? »

-« Ce n’est pas trop tôt que tu te décides »

Interloquée pour le moins par cette apparition et se méfiant un peu des inventions souvent peu orthodoxes de son imagination elle demanda abruptement :

-« Qui es-tu »

-« Moi ? Je suis la fée ! »

–« La fée !???! »

Vous pouvez bien mettre en lisant l’intonation que vous voulez au dialogue précédent, vous pouvez y ajouter le brin de stupéfaction retranscrite par la quasi écholalie dont fait preuve la narratrice !

-« Ben oui, la fée de l’encre ! D’ailleurs, j’ai  bien failli ne pas apparaitre avec cette chaleur, j’étais quasiment desséchée, d’ailleurs, si tu peux me voir là, c’est bien que je suis très concentrée ! »

-« Concentrée sur quoi ? »

-«  Concentrée sur quoi ? J’hallucine ! Concentrée, concentrée, comme la sauce tomate, l’évaporation, tu comprends, concentrée, d’habitude, je suis plus éthérée, délayée, je me dilue, je m’étale mais là pressée par l’urgence je suis bien obligée d’apparaître pour exaucer tes souhaits »

-« Exaucer mes souhaits ? »

L’écholalie encore…eut l’air d’énerver un peu la fée,-« Oh ! Fais un effort, quoi ! Exaucer tes souhaits ! N’est-ce pas pour cela que tu te sers de moi,  faire que le monde soit conforme à tes désirs, réaliser tes rêves inachevés, créer un univers qui te ressemble ? Tu as droit  à trois souhaits par cartouche, mais dépêche-toi j’en suis presque à la fin de ma vie, tu as peu de temps cette fois-ci il te faut savoir…

Rapidement elle réfléchit, trois souhaits, vite, à brûle pourpoint que souhaitait-elle en fait ? Un bébé se mit à brailler chez les voisins, dérangeant le cours de ses pensées et elle dit :

-« Oh, que au moins je puisse avoir un peu de silence ! »

Et instantanément tout se tut ! Le bébé s’arrêta de brailler, les voisins de téléphoner de leur balcon, la télé du rez de chaussée se figea sur le rire de Naggy entrain de raconter une plaisanterie, et la fête foraine sur la place, elle-même resta en suspens, les nacelles stoppées net en l’air avec dedans des gens la bouche grande ouverte sur des gorges muettes. Enfin ! un peu de calme.

-« Trois vœux, trois vœux, vite réfléchissons ! »

-«  Non, plus que deux, répondit la fée en minaudant, ce que tu viens de formuler était déjà un souhait »

-« Va..» et puis elle ferma la bouche en se rendant compte du pouvoir de ses mots.

-«  Ah, ça y est, je sais, je souhaite, être un auteur connu ! »

Et paf, là sur la table apparurent quelques beaux volumes estampillés de son nom, avec des volutes dorées et  tout et tout, même un joli petit volume album de la pléiade, et pif, là sur le mur de son bureau apparut une énorme bibliothèque en merisier remplie de gros livres reliés en cuir avec ce même nom dorés sur tranche !

-«Et de deux souhaits »

Bof ! Quoi ensuite ? Une espèce de nuage gris embruma son esprit.

Pas drôle de voir sa bibliothèque soudainement emplie de ses œuvres achevées. Et ce gros meuble…

Elle alla se servir un verre d’eau, prudemment, sans dire mot, se pencha à la fenêtre sur le quartier désormais muet. Même ces *# ;@*µ de tourterelles, s’étaient tues, appesantissant le silence. Allons bon, elle en avait lu des histoires et des contes à dormir debout, elle savait bien comment cela finirait. Et vous aussi d’ailleurs lecteurs, qui n’êtes pas nés de la dernière lapinée, je me doute que vous me voyez venir de loin !

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-« Allez, zou, que tout redevienne comme avant »

La fée bleue ouvrit grand la bouche mais n’eut pas l’air très étonnée, elle fit un geste vague et las et les oiseaux se remirent à chanter, les bébés à brailler, les voisins à s’engueuler, Naggy finit sa blague dont on n’avait pas entendu le milieu,  la bibliothèque imposante et énorme disparut, le joli petit album de la Pléiade aussi, hélas.

-« Tout ce boulot pour ça » ! dit la fée avec un air un peu écœuré.

-« Et oui, que veux-tu, ce qui me plaît à moi, c’est de courir après ma plume  en train de glisser sur la papier, de me bagarrer pour trouver quelques heures de libre pour condenser ma pensée, ce qui me plait c’est de créer et non d’avoir créé ».

La fée hocha la tête d’un air entendu.

-« Je comprends  » dit-elle

Puis avant de s’évaporer définitivement elle se retourna et me jeta un regard malicieux,

-« Quand même ! tu n’as pas eu le temps de voir ce qu’il y avait sur ton compte en banque ! »


Et si l’un ou deux d’entre vous préfèrent une fin hyper romantique, ils peuvent toujours choisir l’option deux.

Elle eut juste le temps de formuler son troisième souhait inconsidéré, que l’apparition fluette disparut en un éclair bleuté abandonnant sur la page quelques paillettes brillantes.

Vite, vite, elle prit une recharge, l’introduisit dans son stylo-plume et se remit à écrire à toute vitesse espérant à chaque fois voir réapparaître la fée. Elle savait bien, cette fois-ci, ce qu’elle lui demanderait.


Fin


Et voilà pour ce mois-ci, j’espère que nous serons nombreux à participer, vous pouvez lire les textes des autres participants, ici !

fée bleu

Bonne fin de vacances