Sur le fil

Participation au 171 ème atelier d’écriture de Leiloona de Bricabook

une-photo-quelques-mots1

Sur une photo cette semaine de Julien Ribot

© Julien Ribot

Je ne peux guère que dire que j’ai séché lamentablement sur cette photo, magnifique au demeurant, mais n’étant pas très en forme cette semaine, cela vient sans doute de moi. Je vous laisse découvrir ce que ça a donné !



Je vois printemps, je vois lumière

Je vois pluie légère et matin

Réveil frileux de l’atmosphère

Je ne vois que ce qui convient

Je vois détail, je vois l’attente

Je vois propreté et senteur

De gouttes d’air pur titubantes

Sur le fil droit des purs bonheurs

Mais j’ai vu la sombre araignée

Blottie au fond d’un coin de ciel

La plastique l’avait cachée.

Suivant un fil, rouge pensée,

Bien moulé aux autres pareils…

L’avais-je donc inventée ?

monesille



J’ai toujours ce même problème de mise en page sur wordpress qui me supprime les intervalles entre les strophes, ce qui m’oblige à ruser avec des tirets, si quelqu’un a une autre solution à me proposer ?

Bien à vous




La grande roue

Participation à l’atelier d’écriture de Leiloona de Bricabook avec en support cette semaine une photo de Leilloona elle-même !

-Mais ils sont fous !

———————–En es-tu sûr ?

——————————————–Je viens d’en voir

Certains se balancer presque comme encensoirs

Sur la ville endormie. Une brume de neige

S’échappait, en suivant un mystérieux arpège !

-Une horloge peut-être ?

——————————–Je n’en sais rien

Vingt fois est remonté l’engrenage terrien !

Le cycle était très lent, terrifiant, hypnotique

Et mes yeux se happaient aux rayons magnétiques.

-Fuyons s’il  en est temps-

———————————–Ecoute !

———————————————–Hâte-toi

-Je me sens engourdi d’un bien étrange émoi !

-Cet endroit est maudit, trop étrange, et trop lent

Il happe nos esprits tout autant que…

———————————————-Attends !

Je ne peux pas, mes mains sont soudain  lasses

Et je sens mon esprit comme pris d’une nasse.

-Sauve-toi !

—————-Je ne peux

——————————–Je crois qu’il est trop tard

-Et pour  les Dieux ?

————————Dis leur donc adieu de ma part.

Caprice à la lavande !

Texte écrit en participation à l’atelier d’écriture de Leiloona sur Bric  à Book. A partir d’une photo de Marion Pluss, cette semaine une contrainte de plus : Ecrire un texte  en rapport avec le sexisme.




©Marion Pluss

Caprice à la lavande.

-« Le sol  aurait  bien besoin aussi d’un coup de lavage », se dit-elle après avoir fini de nettoyer le reste de la cuisine. Mais le liquide à la lavande était au premier étage dans la salle de bain qu’elle avait briquée la veille. Bien sûr celui au pin aurait tout aussi bien fait l’affaire mais le printemps qui se dessinait en arabesques lumineuses sur les vitres lui donnait une envie soudaine de lavande. Un étage de plus ou de moins ! Elle remonta au premier en pensant à prendre au passage la corbeille de linge à étendre sur le fil du balcon du second. Le soleil brillait entre deux nuages poussés par un vent vif  et la voisine aussi étendait son linge, avec qui elle échangea quelques considérations sur ce printemps plutôt frileux. De la fenêtre de la cuisine montaient les bouffées odorantes du cake dont elle avait pris la recette sur le blog d’Asphodèle. « Nom de Zeus, mon cake ! » et elle redescendit en courant. Le cake était doré à souhait lorsqu’elle le sortit du four. Les mains appuyées aux reins, elle regarda l’air satisfait autour d’elle et se rappela le liquide à la lavande ! En partance pour monter l’escalier une fois de plus, elle entendit le téléphone sonner, elle se précipita au premier. Bonne nouvelle, ils seraient tous là, donc le week-end prochain,  quand elle eût raccroché, elle commença à penser à ce qu’elle préparerait pour le repas tout en pliant quelques affaires de la corbeille de linge en souffrance, puis elle partit annoncer la nouvelle à Chéri-chéri qui tapait allègrement du marteau pour assembler une nouvelle table de nuit au second. En redescendant, elle s’arrêta un instant à la bibliothèque dont un livre dépassait, se rendit compte qu’il n’était pas à sa place et se mit à en lire quelques pages en marchant. Arrivant à la cuisine, le balai en travers de la porte la rappela à la réalité, elle fit demi-tour et remit le livre à sa place avant de remonter une fois de plus chercher le liquide à la lavande. Lorsqu’elle arriva à la salle de bain, à y être, elle prit enfin une bonne douche. L’eau était bien chaude et délassait son dos fatigué. Elle se répéta : » Lavande, lavande » pendant que l’eau coulait et enlevait la fatigue de son corps pour être sûre de ne pas oublier le flacon en redescendant.




Si en lisant ce texte le lecteur pense que c’est bien une femme qui l’a écrit, que ce soit pour la futilité du choix d’un parfum pour laver le sol, l’inutilité de ce genre de récit, ou l’organisation défaillante de la narratrice , il y  a de fortes chances pour que le lecteur soit sexiste.




Tu ne me verras plus jamais comme avant.

Participation au 168 ème atelier d’écriture de Leiloona,

Une photo quelques mots

une-photo-quelques-mots1

Cette semaine la photo qui devait nous inspirer était une photo de Diane

© Diane

Voilà ce que ça a donné !




Tu ne me verras plus jamais comme avant.

Etang de Thau-Bouzigues 094

Tu n’as toujours vu de moi que ce que tu attendais.

Je n’ai haussé la voix que jusques au son que tu pouvais entendre

Et les glaces du temps n’avaient  pu me distendre.

J’ai porté vaillamment les cadres imposés.

Etang de Thau-Bouzigues 180

Tu t’es bien amusé du boulet un été.

Et puis tu t’es lassé et puis tu m’as larguée.

Celle que tu aimais, détendue, déglinguée,

J’étais restée à quai mais du mauvais côté.

Etang de Thau-Bouzigues 057

Je suis la corde, celle pour monter, celle pour descendre.

La corde à s’évader ou celle pour étendre,

La corde à mesurer ce que l’on peut attendre

Mais celle de mon arc s’était faite trop tendre.

Etang de Thau-Bouzigues 053

Tu ne me verras jamais plus comme avant.

Mon bon cœur s’est rompu, ma fibre s’est usée,

Et quand tu t’es pendu, je n’ai pu résister.

Pardon pour ce service que je n’ai pu te rendre…




 

Je viens du froid

Article publié en participation au 154 ème une photo, quelques mots, de Leiloona

Avec une nouvelle photo de saison pour stimuler notre imagination

© Romaric Cazaux

Romaric Cazaux




 

 

Tu vois, je viens du froid !

 

Tu vois, je viens du froid !

J’ai dansé sur des cimes

Aux ombres d’autrefois

J’ai niché aux abîmes.

neige 2015-15

Tu vois, je viens du froid

Près des bornes milliaires

Où je jouais les jeux

De leurs bises amères

neige 2015-6

Tu vois, je viens du froid

Mais ne me chasse pas

Ce sont tous tes effrois

Que tu balaies tout bas

neige 2015-7

C’est pas ma faute à moi

Si tu te mésestimes

Et si tous les verglas

Se glissent sous tes pas.

neige 2015-5

Tu vois, je viens du froid

Et malgré les congères

Mes pas ne tremblent pas

Je porte la lumière.

neige 2015-13

monesille




La muse ment en couleur

 

bulles

Crédit photo Romaric Cazaux.

La muse ment en couleur !

 

En préambule volubile,

(Je vous vois dire que c’est facile !)

-C’est l’habitude, ça vient sans mal

La rime en ule quel festival 

 

Je disais donc en préambule,

Superposé sur pellicule,

Que l‘enfant rit, il a du bol

Le mercredi, il prend son vol.

 

Ca vous plait-y ces fariboles,

Ma foule en gris qui se désole ?

Au premier plan, il bat des cils !

L’enfant qui vit, rit volatil.

 

Il suffirait d’une étincelle

Que pour de bon il ait des ailes

Prêt pour l’envol, point du recul

Loin de l’école il n’est pas nul.

 

Alors, les bulles, il en rigole !

Derrière lui toutes les geôles !

L’enfant qui bulle irrationnel

S’est inventé un arc en ciel !

 

monesille 11:11:2013

 

 

 

 

 

 

Suspect

Toutes les semaines Leiloona du blog Bric a Book propose une photo et chacun peut écrire sur le thème proposé au gré de son inspiration? Voici ma participation de cette semaine.

@ Marion )Twenty three peonies)

Crédit photo marion (twenty three peonies)

Suspect !

Toujours les mêmes pas dans ces mêmes matins
Ces mêmes claquements de portes c’est certain
Et les lumières glauques que personne n’éteint
Pour rien

Toujours les cœurs battants aux angles des couloirs
Les coups de l’oeil furtif pour guetter dans le noir
Le fantôme tapi que l’on croit entrevoir
Le soir

Toujours nos têtes droites que l’on n’ose tourner
Nos angoisses d’échos qui suivent nos trajets
Et ces monstres griffus prêts à nous dévorer
Bébés.

Toujours nos soupirs d’aise et allégés nos corps
Quand les verrous tournés sur nos moelleux conforts
On allume l’écran sur un polar au mort…
Suspect !