Agenda ironique de Mars, le mois des fous !

Me voilà bien ! Je m’étais proposée pour organiser l’agenda ironique de Mars, mais persuadée qu’Ariel Littel relèverait le défit du mois dernier comme il  avait remporté le concours, haut la main, j’attendais sagement le thème et l’organisation et je n’ai RIEN préparé !  Bon. Je m’y colle immédiatement de suite; vous allez vivre en direct la réflexion sur le choix d’un thème qui laisse cours à l’imagination sans faire dissert de lycée, le genre de truc qu’on trouve génial du fond de son lit et qu’au matin, tout froissé de nuit, vous trouvez grelottant de timidité sur un coin de votre bureau et vous  suppliant : non, non, pitié, pas moi, je ne vaut pas un fifrelin !

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Qu’est ce que je pourrais bien vous proposer ? Qu’est ce que j’aime ? En ce moment je lis beaucoup d’Histoire, avec de grandes haches même s’il  y a beaucoup de petite histoire au milieu alors : les fondements ? j’en vois déjà qui frisent de la moustache rien qu’au mot ! Les plantes et la botanique, l’herbe d’or a déjà nourri votre folle du logis…Le dessin, la musique ?

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Qu’est ce qui relie tout ça ? Je pense avoir trouvé :

Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! Qu’est qui pourrait bien vous rendre fous ? De moi je sais déjà, hum, hum, mais d’écriture ?

Donc selon les règles bien établies de l’agenda ironique dont vous pouvez voir chez carnets paresseux ici  l’historique, il vous faudra écrire sur le thème de la folie au sens large, un conte, poème, texte, article, selon la forme que vous désirerez, de 700 mots maximum pour être facilement lisible sur le wouaibe, et ce avant le 24 mars où je ferai le tableau récapitulatif pour le vote final, qui empiétera jusqu’au 1er avril puisque je serai absente les derniers jours de mars. Cela vous va-t-y ? C’est un peu facile non ? Je devrai corser la chose de quelques mots ? Disons trois mots composés insérés au texte ! Comment ça ? Des grincheux dans le fond, on en rajoute un ? Ok, Ok quatre donc mots composés à parsemer dans le texte ! Quelqu’un a encore quelque chose à dire ??

Bande de grand fous, j’espère que vous allez vous amuse follement !

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Agenda ironique de septembre. Ma vie est un roman de toute manière !

Ce post est écrit en participation au vrai faux concours de l’agenda ironique de septembre qu’Anne de Louvain la neuve  a la courage d’organiser ce mois-ci ! Et comme j’ai eu la modestie de remporter la victoire (peut-on gagner à un vrai faux concours ?) le mois dernier avec ma fée bleue, je ne participe qu’à titre amical et laisserai volontiers les titres, honneurs et médailles en chocolats à ceux qui n’en ont pas encore eu d’indigestion.

Anne nous proposait deux photos montages pour soutenir nos imaginations, le premier m’a rappelé beaucoup de souvenirs !

.En apnée d'attente de vos textes...

Je n’ai pas eu à chercher bien loin, ma vie est un roman de toute manière !


[« Longtemps, je me suis couchée de bonne heure. Parfois à peine la lumière éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je P1000963n’avais pas le temps de me dire : « je m’endors »]*.

Le matin me trouvait fraîche et dispose, prête à aller courir dans les extérieurs en repérage sur le bord de la rivière même si nous n’avions pas  l’autorisation de nous y baigner le matin.

Après la sieste, obligatoire, qui couvrait les trois heures de digestion incontournables, à peine mère descendait l’escalier d’un air encore fatigué que nous courrions vers elle comme autant de sangsues assoiffées : « Où as-tu mis mon maillot, je ne trouve pas ma serviette, qu’apporte-t-on pour le goûter ? » Lorsqu’elle avait ainsi réglé l’intendance de main de maître, nous partions en ordre de bataille, racolant au passage les enfants du voisinage de nos bruyantes chamailleries. « Lâche-moi un peu, fais-moi une place, avance un peu, ne me marche pas sur les talons, c’est ton tour de porter le sac, il est trop lourd ! »

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Car nous partions chargés, de rêves d’aventures, et d’attirails divers, palmes, tuba, bouée, canoës pneumatiques, rames, seaux, pelles. Ainsi que bien sûr, un goûter conséquent, les serviettes de bain de chacun et le siège pliant pour la grand-mère qui ne pouvait plus dignement s’affaler au ras du sol. Chaque escalier du chemin où  nous paradions nous livrait un voisin de plus, armé qui d’un canard bouée, qui d’une épuisette, que mère s’engageait auprès de ses parents à surveiller avec autant de soins que les siens. Toute l’expédition en ringuette devait bien faire une procession de cent mètres. L’accès à la plage était conditionné par un raidillon dégringolant par un talus impraticable et ma mère toujours invincible était allée négocier un passage plus aisé dans un pré. « Comprenez madame avec tous ces enfants, il n’y a rien d’autre à faire pour les occuper l’après-midi, et pour les vieux impossible de passer par le raidillon, nous passerons bien le long du pré, nous ne marcherons pas au milieu de l’herbe, nous n’abîmerons rien » Suppliée presque, l’autre s’était laissée amadouer et nous avions eu la permission extraordinaire de passer le long d’un pré tondu à ras par quelques malheureuses brebis !

Nous longions bien les bords, coupant quelques fois un peu les angles et nous faisant alors sévèrement rappeler à l’ordre.P1000964 Arrivés à la plage de galets, il nous restait à faire passer entre deux haies griffues tout notre attirail en faisant la chaîne. Les objets passaient de main en main, certains canoës se sont bien un peu égratignés aux ronces, justifiant la pose aléatoire de rustines qui tenaient quelques heures avant de nous abandonner au milieu du plan d’eau où nous coulions dans les plus grandes exclamations de joie. Mais l’événement attendu depuis le lever du soleil était enfin arrivé, nous étions au bord de la rivière !

L’angoisse était alors à son comble ! Car mère était intransigeante pour la  protection de nos santés. Elle sortait d’une poche bien matelassée un fragile thermomètre et le plongeait dans l’eau ! Nous retenions nos souffles, la minute passait, semblant une éternité et mère levait posément l’appareil honni jusques à ses yeux.  Notre baignade était conditionnée à une température de l’eau supérieure à 20 degrés ! Le verdict tombait : s’il était négatif, nous restions tout de même au bord de l’eau, jetant des cailloux, faisant des ricochets, demandant avec insistance un contrôle de l’eau à un endroit plus ensoleillé,  et chutant, parfois malencontreusement, dans l’eau ce qui justifiait alors un changement de vêtements de toute urgence, grelottant à l’abri des serviettes disposées en paravents.

P1010016S’il était positif, nous passions le reste de la journée en baignades, courses, éclaboussures, hurlements, sauts périlleux et autres tarzanneries acrobatiques du haut des rochers qui ceignaient ce gour de rivière si totalement silencieux le reste de l’année. L’eau était notre élément de jeu principal pendant la durée totale des vacances d’été et si nous n’y avons pas fondu c’est que cela n’est décidément pas possible ! Les ombres du soir s’étendant au abords des roches schisteuses nous attiraient divinement dans leurs reflets mystérieux et nous passions des heures, tubas en bouches à guetter, flottant étendus immobiles à la surface de l’eau, la vie sous marine de ce petit paradis où les poissons festoyaient de nos miettes de goûter. La remontée du retour se faisait plus calmement, lénifiés que nous avions été par nos dépenses d’énergie. [Longtemps, je me suis couchée de bonne heure…*]


*On s’étonnera après que je n’ai jamais eu que le temps de lire la première phrase de « La recherche » !