Aux choses aériennes et célestes

Participation du mois de janvier au jeudi  poésie de Dame Asphodèle.

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Aux choses aériennes et célestes

Planant à vingt mille lieues au-dessus

De nos maisons de villes cernées

De mobylettes vrombissant dans la nuit.

Délicates et jeunes petites pattes,

Faussement alanguies et cachant

Leur défense aux aguets sous l’apparence

De l’abandon et de la fragilité,

Sans les callosités rugueuses et les épines

Plantées amèrement par les années

Dans nos peaux de labeur à essayer d’acquérir

Une once de cette grâce et de cette culture

Aux dépends de nos heures de sommeil

Calfeutré pourtant. Qui planez

Oh, choses aériennes et célestes

Disais-je, entre vous, bien au-dessus

Des balourdises malhabiles

De vos admirateurs bâillonnés

Par ce chouïa de vos contradictions à vous même

Et qui prenez tant de plaisir à nous faire rêver

Pour nous taper vertement sur les doigts au moment où

Nous n’avions plus vraiment envie de nous réveiller.

Aux choses aériennes et célestes

Laissez-nous rire à grands et gros rires gras et sans sucre

Avec nos chiens baveux et turbulents, qui

Ne gobant jamais ni oiseau ni mouche,

Nous récompensent de tant d’heures courbées

Dans nos bureaux surchauffés,

Par une affection sans condition de classe.

Aux choses aériennes et célestes…

 

Si  je n’insiste pas, ce n’est pas

Par délicatesse, c’est par découragement.




 

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En 2015, j’ai aimé…

En 2015, j’ai aimé…

Je pourrais citer tant de choses que j’ai détestées, haïes en 2015 (il  y a onze synonymes de détester dans le dictionnaire, je ne vais pas tous  les énumérer). Ce ne fut pas une année facile, ni pour vous, ni pour moi. Je vais vanter ici ce que j’en ai aimé pour ne pas que 2015 reste dans ma mémoire en tant qu’année où… car bien des choses belles peuvent être effacées par des événements moins beaux et ce n’est pas juste pour les souvenirs tendres qui font ce qu’ils peuvent pour nous rendre la vie plus douce.

En 2015, j’ai aimé :

J’ai aimé la découverte des carrières de lumière aux Baux de Provence. Ce kaléidoscope multicolore  de tableaux de Klimt et des peintres de Vienne, dorés sur les murailles et les sols des carrières. Ce tournoiement d’image et de musique,  au milieu duquel, minuscules silhouettes noires, nous nous promenions éblouis .

carrière de lumière klimt et vienne 066

J’ai aimé cette réunion de famille pour Pâques au « Boulegan à l’Oustau ». Cette concentration de tous les enfants devant ces instruments de musique qu’ils ne connaissaient pas, ce dulcimèr que nous avons tous essayé, cette ambiance joyeuse et bon enfant dans ce printemps tôt venu, ces musiques et ces danses anciennes dans les rues du village sous les platanes encore dénudés sous le soleil.

Pâques 2015 267

J’ai aimé ce festival de l’autobiographie au carré d’Art à Nîmes où tu t’es tenu parfaitement immobile, mon petit trésor, comme en arrêt devant la plume de l’illustrateur Zaü qui dessinait ton portrait en dédicace sur le livre que tu avais choisi. Un instant tellement saisissant de vérité que l’assistance entière s’est arrêtée pour regarder votre duo si émouvant de peintre et de modèle et que les larmes m’en sont montées aux yeux.

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J’ai aimé cette perfection de voyage à Florence avec toi, mon chéri-chéri, cette route illuminée de trouées sur la mer miroitante que tu as si brillamment décrite ultérieurement, cet accueil dans cette villa fabuleuse où un chat placide nourri par les locataires nous intégrait dans les bienfaiteurs d’une civilisation cachée, ces déambulations touristiques de musées en galeries que malgré notre détermination et notre enthousiasme nous n’avons pas réussi à tous visiter, cette orgie de chef-d’œuvre et de glaces à la pistache , cette découverte de la parfumerie de Santa Maria Novella dont j’ai adopté désormais le parfum au chèvrefeuille enivrant, ces instants nocturnes sur le ponte Vecchio dans le miroitement de l’Arno où des musiciens jouait ma non troppo, ta main dans mon cou.

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J’ai aimé ce séjour avec toi mon petit trésor, au bord de la mer méditerranée, malgré la chaleur et le bruit. J’ai aimé ton acharnement à construire  des châteaux de sable dignes de ce nom et ta joie victorieuse à tes premières brasses sans brassard. J’ai aimé ton entrain à organiser des jeux de trop grands et ton ravissement quand certains s’enrôlaient dans tes batailles intergalactiques et tes galops, pataclop,  cavalcades entre les étoiles.

Arthur port camargue 036

J’ai aimé, mon fils ce courage que tu as manifesté cette année, en pleine crise de te libérer de l’exploitation d’un patron, pour créer ta propre entreprise, malgré les difficultés, cette philosophie que tu as de continuer à prendre les choses comme elles viennent sans en faire tout un drame.

J’ai aimé cette visite de toi que je n’avais pas vue depuis trop longtemps mon amie. J’ai adoré découvrir cette gracieuse jeune fille qu’est devenue ta fille. J’ai aimé cette randonnée mal préparée dans les garrigues sous un soleil de plomb et sans eau qui a contre toute attente remis ma cheville en état de marche !! J’ai aimé cette rencontre avec ce monstre de féraille renversé au milieu de nulle part qui m’a bien inspirée par ailleurs.

été 2 183

 

J’ai aimé cet automne de formation à Montpellier, la redécouverte de la vie en ville, le tram, le shopping, les gens aux terrasses profitant de l’automne. Ton accueil  à bras ouverts, ma nièce, malgré tout ton travail  et tes enfants, la place de choix dans ta maison, cette facilité que tu m’as offerte pour reprendre pieds. L’ambiance des cours décontractés, parfois trop, déconcertant pour ma génération, et en total décalage avec le rythme de fou au travail. L’impression que tout redevient possiblement vivable.

J’ai aimé me relever la nuit pour la lune de sang ! Photographier un tel alignement qui ne se reproduira qu’en 2033,  enchantée d’avoir pu en profiter cette fois.

lucas oct 2015-lune de sang 006

J’ai aimé t’accueillir quelques jours, mon petit de vendange tardive. Ta fragile hostilité d’oiseau tombé du nid. Mais aussi tes pas dans les miens et ceux de ton père sur les roches grises dans l’eau glacée du Tarnon, tes envolées d’encore petit garçon vers les grands espaces libres et angoissants, loin des bras fermant le cercle étouffant des familles.

lune-lucas et trésor 062

J’ai aimé tout au long de cette année, découvrir de nouveaux poètes. Ces inconditionnels d’une langue étudiée et imagée, ces adeptes de Queneau, ces fous d’ironie débridée,  ces imaginatifs compulsifs au contact des photos de Leiloona ou des collectes de mots d’Asphodèle. Ces déjà connus, ces pas encore, ces en-devenir. Toute cette fermentation de l’esprit menant à l’ivresse des mots. La douce folie de ma fée bleue, l’animation de l’agenda ironique de Décembre, le partage de nouvelles lectures, la découvertes de nouveaux auteurs, et ma pal qui grandit qui grandit !

J’ai aimé passer cette journée de dessin avec toi au musée, ma fille. Ton talent est certain, j’espère que t’en rendras compte à temps. J’ai aimé cet échange silencieux où nous étions deux, au milieu des autres.

J’ai aimé ce Noël en famille dans votre nouvelle maison . Cette impression de renouer avec les Noël d’autrefois, tant d’enfants au milieu d’un tas de si nombreux cadeaux. J’ai aimé voir ces enfants que j’ai connus si petits et qui sont devenus si grands et malgré tout, ne pas me sentir vieille.

Et, écrivant cela, je me souviens de tant de choses que j’ai aimées cette année, le film du petit Prince, le coeur cousu de Carole Martinez, la musique de Christine and the Queen, et tant d’autres choses, qui passeront ou resteront dans ma mémoire. Les photos aident bien à se souvenir. Je me souviendrai aussi de cette année comme l’année où j’ai décidé de refaire des albums photos, car on ne les regarde pas avec la même facilité sur ordinateur, l’année où je me suis mise au saxo…

J’ai aimé recevoir des cadeaux tout au long de l’année de gens que je ne connais que par écrit ! La magnifique peinture de Laure, le délicat panier à ouvrage de Mireille, les délicieux produits anglais de Mind the Gap. Des cadeaux choisis avec goût et emballés avec attention juste pour le plaisir de faire plaisir, la grande famille de la blogo qui nous tient chaud, entre même centres d’intérêts et même sensibilité.  J’ai aimé jusqu’aux corrections orthographique de mon amie. J’ai grâce à vous connu le plaisir de répondre à nombre de commentaires et pour cela je vous remercie tous, infiniment :

Car vois-tu, je t’ai aimé lecteur, toute l’année et je crois bien que je t’aimerai encore en 2016, encore plus !

embrassade

 

Agenda ironique du bout de l’an ! hi-han !

 -Aujourd’hui en ce premier jour de Décembre, quel plaisir, quelle chance, quel honneur ! Suivant les traces de Martine organisatrice du mois onzième et d’autres éminents précédents, c’est donc à moiii ::-): grâce à l’amicale complicité d’une pattedansl’encrier que revient la responsabilité d’organiser l’agenda ironique du mois douzième et ultime du calendrier. Avant le suivant. L’agenda du bout de l’an, hi-han !

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@Vivimetaliun

Puisque nous sommes en laïcité obligatoire à défaut d’être en république fraternelle, je me voyais mal soumettre à nos plumes ironiques un quelconque sujet Noëllien ! Je m’en vais donc ce mois-ci, provisoirement, effacer deux millénaires et quelques de poussières d’étoile et nous demander de marcher pieds nus sur l’herbe d’or !  Comment ? Vous ne savez donc pas ce qu’est l’herbe d’or ? La légende qui existe dans plusieurs régions de France prétend que celui qui marche sur l’herbe d’or certaine nuit, acquerra l’intelligence du langage des animaux…

Afficher l'image d'origine

 

Posant un oeil scrutateur sur les curieux travers bipèdiques, les légendes anciennes faisant parler nos amis à quatre, six, huit, dix, ou mille pattes, avaient souvent le mérite d’être poétiques. Les créateurs plutardifs, Kipling, Daudet, Perrault, Aymé et tant d’autres s’en sont souvent inspirés. Je ne nous demanderai pas, non, non, non, de nous replonger dans les contes et salades romaines, quoique certains d’entre nous s’en fussent forcément délectés ! Mêêê oui ! Mais bien de raconter un vécu animal ( pas trop quand même, restons décents, des enfants nous lisent), extérieur à l’existence humaine, d’amener ironiquement, toujours, un regard différent sur les étranges habitudes des hominidés pour fêter les ans qui passent et ne reviennent pas. (ou sur toute autre sujet si le coeur vous en dit) . Je nous souhaite à tous donc, de marcher sur l’herbe d’or et d’en ramener prébende poétique pour nous permettre de passer un réveillon fabuleux dans le propre sens du terme.

L'herbe d'or

 

J’espère que mes explications à défaut d’être claires vous auront séduits et que vous aurez à cœur de me rendre vos copies affabulations, avant le dimanche 20 décembre.

Les votes pour élire gagnant et héritage de l’organisation auront lieu jusqu’au 22, 04.47.57, heure fatidique du solstice d’hiver (qui je le rappelle chez les romains était un jour férié, à bon entendeur salut !) ce qui me laissera le temps d’expédier au gagnant un petit cadeau pour accueillir dignement la nouvelle année qui  normalement devrait naître (aïe, aïe, aïe) dans la nuit du 31 décembre !

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 Bises à tous et n’en profitez pas pour vous écharper en toute ironie !

N’ai-je rien oublié ?

N’ai point fait de faute d’orthographe !

C’est parti mon kiki !

Mais c’est bien ma veine, WordPress a décidé de modifier son interface…ce soir !


Jeudi poésie-René Guy Cadou

Edité en participation au jeudi poésie de Dame Asphodèle

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En l’honneur de cette rentrée scolaire et de ces 200 000 enfants précoces en danger, soit ces 1 à 2 enfants par classe que les instituteurs (trices) ne reconnaissent pas dans leur développement, dans leurs aptitudes, dans leurs différences, dans leurs besoins, en fonction de manque de temps, de motivation, de moyens malgré les textes en vigueur désormais à l’éducation nationale et les promesses des différents ministres en poste depuis le Luc Ferry en 2003 :

« Prendre mieux en compte les élèves intellectuellement précoces » »A l’école primaire comme au collège, la réglementation offre la possibilité d’adapter le parcours scolaire de ces élèves. C’est ainsi que la réduction du temps passé dans un cycle, dès l’école maternelle, doit être envisagée avec plus de facilité qu’actuellement. Ces élèves n’ayant pas toujours des profils de réussites très homogènes, la décision doit préserver la motivation scolaire tout en leur permettant de se perfectionner dans des domaines où ils en ont le plus besoin, voire de combler des lacunes.
Des projets individualisés, proposant par exemple des temps d’approfondissement et de recherche pourront être élaborés en associant les parents. »

Je cite pour cette année 2015, Najat Vallaud-Belkacem :

« Nous en voyons déjà les effets et nous en prolongeons la dynamique, toute entière dédiée à bâtir une École exigeante, qui fait réussir tous les élèves, une École plus juste, qui ne laisse aucun enfant aux bords du chemin, et une École qui transmet avec fierté et détermination à notre jeunesse les valeurs de la République. »

Un enfant précoce non reconnu peut devenir une bombe pour lui-même comme pour son entourage, il suffit parfois de si peu, d’un regard attentif, d’une bienveillance, d’une reconnaissance, pour tirer ces enfants de leur détresse et de leur solitude.

L’enfant précoce

Une lampe naquit sous la mer
Un oiseau chanta
Alors dans un village reculé
Une petite fille se mit à écrire
Pour elle seule
Le plus beau poème
Elle n’avait pas appris l’orthographe
Elle dessinait dans le sable
Des locomotives
Et des wagons pleins de soleil
Elle affrontait les arbres gauchement
Avec des majuscules enlacées et des cœurs
Elle ne disait rien de l’amour
Pour ne pas mentir
Et quand le soir descendait en elle
Par ses joues
Elle appelait son chien doucement
Et disait
« Et maintenant cherche ta vie « 

René Guy Cadou

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Suspect

Toutes les semaines Leiloona du blog Bric a Book propose une photo et chacun peut écrire sur le thème proposé au gré de son inspiration? Voici ma participation de cette semaine.

@ Marion )Twenty three peonies)

Crédit photo marion (twenty three peonies)

Suspect !

Toujours les mêmes pas dans ces mêmes matins
Ces mêmes claquements de portes c’est certain
Et les lumières glauques que personne n’éteint
Pour rien

Toujours les cœurs battants aux angles des couloirs
Les coups de l’oeil furtif pour guetter dans le noir
Le fantôme tapi que l’on croit entrevoir
Le soir

Toujours nos têtes droites que l’on n’ose tourner
Nos angoisses d’échos qui suivent nos trajets
Et ces monstres griffus prêts à nous dévorer
Bébés.

Toujours nos soupirs d’aise et allégés nos corps
Quand les verrous tournés sur nos moelleux conforts
On allume l’écran sur un polar au mort…
Suspect !