Participation à l’agenda du mois de mai : Aptitude zéro !

Martine d’écriturbulente héberge ce mois-ci l’agenda ironique avec un thème marin, il ne m’a pas été facile de mettre en place tous les éléments demandés, et j’imagine qu’il en est de même pour tous. Mais comme elle le dit elle-même : et vogue la galère !

Je vous propose donc de partir en croisière

Voilier ? Bateau de pêche ? Cargo ? Paquebot ? Péniche ? Pirogue ? Canot pneumatique ? Brise-glaces ? Chalutier ?

Vous choisirez l’embarcation, vous l’imaginerez, vous la décorerez, la baptiserez… Vous daterez la traversée… Quand vous vous déciderez à lever l’encre (oui, quand même), vous déterminerez l’itinéraire et les escales : L’île des Lettres ? L’île des Mots, des maux, des morts ? L’île des Étrangers ? Les îles Glamour ? L’île d’Éros ? Ou bien ?

Une fois l’équipage constitué, vous embarquerez les passagers et vogue la galère !

Il vous reste 3 jours de navigation 

(c'est-à-dire jusqu'au 23 avril),

1 000 mots maximum 

pour conter cette expédition nautique, 

que vous ponctuerez de 10 termes hurluberlus, 

avec un suffixe en "–itude".

 

 

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En 2015, j’ai aimé…

En 2015, j’ai aimé…

Je pourrais citer tant de choses que j’ai détestées, haïes en 2015 (il  y a onze synonymes de détester dans le dictionnaire, je ne vais pas tous  les énumérer). Ce ne fut pas une année facile, ni pour vous, ni pour moi. Je vais vanter ici ce que j’en ai aimé pour ne pas que 2015 reste dans ma mémoire en tant qu’année où… car bien des choses belles peuvent être effacées par des événements moins beaux et ce n’est pas juste pour les souvenirs tendres qui font ce qu’ils peuvent pour nous rendre la vie plus douce.

En 2015, j’ai aimé :

J’ai aimé la découverte des carrières de lumière aux Baux de Provence. Ce kaléidoscope multicolore  de tableaux de Klimt et des peintres de Vienne, dorés sur les murailles et les sols des carrières. Ce tournoiement d’image et de musique,  au milieu duquel, minuscules silhouettes noires, nous nous promenions éblouis .

carrière de lumière klimt et vienne 066

J’ai aimé cette réunion de famille pour Pâques au « Boulegan à l’Oustau ». Cette concentration de tous les enfants devant ces instruments de musique qu’ils ne connaissaient pas, ce dulcimèr que nous avons tous essayé, cette ambiance joyeuse et bon enfant dans ce printemps tôt venu, ces musiques et ces danses anciennes dans les rues du village sous les platanes encore dénudés sous le soleil.

Pâques 2015 267

J’ai aimé ce festival de l’autobiographie au carré d’Art à Nîmes où tu t’es tenu parfaitement immobile, mon petit trésor, comme en arrêt devant la plume de l’illustrateur Zaü qui dessinait ton portrait en dédicace sur le livre que tu avais choisi. Un instant tellement saisissant de vérité que l’assistance entière s’est arrêtée pour regarder votre duo si émouvant de peintre et de modèle et que les larmes m’en sont montées aux yeux.

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J’ai aimé cette perfection de voyage à Florence avec toi, mon chéri-chéri, cette route illuminée de trouées sur la mer miroitante que tu as si brillamment décrite ultérieurement, cet accueil dans cette villa fabuleuse où un chat placide nourri par les locataires nous intégrait dans les bienfaiteurs d’une civilisation cachée, ces déambulations touristiques de musées en galeries que malgré notre détermination et notre enthousiasme nous n’avons pas réussi à tous visiter, cette orgie de chef-d’œuvre et de glaces à la pistache , cette découverte de la parfumerie de Santa Maria Novella dont j’ai adopté désormais le parfum au chèvrefeuille enivrant, ces instants nocturnes sur le ponte Vecchio dans le miroitement de l’Arno où des musiciens jouait ma non troppo, ta main dans mon cou.

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J’ai aimé ce séjour avec toi mon petit trésor, au bord de la mer méditerranée, malgré la chaleur et le bruit. J’ai aimé ton acharnement à construire  des châteaux de sable dignes de ce nom et ta joie victorieuse à tes premières brasses sans brassard. J’ai aimé ton entrain à organiser des jeux de trop grands et ton ravissement quand certains s’enrôlaient dans tes batailles intergalactiques et tes galops, pataclop,  cavalcades entre les étoiles.

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J’ai aimé, mon fils ce courage que tu as manifesté cette année, en pleine crise de te libérer de l’exploitation d’un patron, pour créer ta propre entreprise, malgré les difficultés, cette philosophie que tu as de continuer à prendre les choses comme elles viennent sans en faire tout un drame.

J’ai aimé cette visite de toi que je n’avais pas vue depuis trop longtemps mon amie. J’ai adoré découvrir cette gracieuse jeune fille qu’est devenue ta fille. J’ai aimé cette randonnée mal préparée dans les garrigues sous un soleil de plomb et sans eau qui a contre toute attente remis ma cheville en état de marche !! J’ai aimé cette rencontre avec ce monstre de féraille renversé au milieu de nulle part qui m’a bien inspirée par ailleurs.

été 2 183

 

J’ai aimé cet automne de formation à Montpellier, la redécouverte de la vie en ville, le tram, le shopping, les gens aux terrasses profitant de l’automne. Ton accueil  à bras ouverts, ma nièce, malgré tout ton travail  et tes enfants, la place de choix dans ta maison, cette facilité que tu m’as offerte pour reprendre pieds. L’ambiance des cours décontractés, parfois trop, déconcertant pour ma génération, et en total décalage avec le rythme de fou au travail. L’impression que tout redevient possiblement vivable.

J’ai aimé me relever la nuit pour la lune de sang ! Photographier un tel alignement qui ne se reproduira qu’en 2033,  enchantée d’avoir pu en profiter cette fois.

lucas oct 2015-lune de sang 006

J’ai aimé t’accueillir quelques jours, mon petit de vendange tardive. Ta fragile hostilité d’oiseau tombé du nid. Mais aussi tes pas dans les miens et ceux de ton père sur les roches grises dans l’eau glacée du Tarnon, tes envolées d’encore petit garçon vers les grands espaces libres et angoissants, loin des bras fermant le cercle étouffant des familles.

lune-lucas et trésor 062

J’ai aimé tout au long de cette année, découvrir de nouveaux poètes. Ces inconditionnels d’une langue étudiée et imagée, ces adeptes de Queneau, ces fous d’ironie débridée,  ces imaginatifs compulsifs au contact des photos de Leiloona ou des collectes de mots d’Asphodèle. Ces déjà connus, ces pas encore, ces en-devenir. Toute cette fermentation de l’esprit menant à l’ivresse des mots. La douce folie de ma fée bleue, l’animation de l’agenda ironique de Décembre, le partage de nouvelles lectures, la découvertes de nouveaux auteurs, et ma pal qui grandit qui grandit !

J’ai aimé passer cette journée de dessin avec toi au musée, ma fille. Ton talent est certain, j’espère que t’en rendras compte à temps. J’ai aimé cet échange silencieux où nous étions deux, au milieu des autres.

J’ai aimé ce Noël en famille dans votre nouvelle maison . Cette impression de renouer avec les Noël d’autrefois, tant d’enfants au milieu d’un tas de si nombreux cadeaux. J’ai aimé voir ces enfants que j’ai connus si petits et qui sont devenus si grands et malgré tout, ne pas me sentir vieille.

Et, écrivant cela, je me souviens de tant de choses que j’ai aimées cette année, le film du petit Prince, le coeur cousu de Carole Martinez, la musique de Christine and the Queen, et tant d’autres choses, qui passeront ou resteront dans ma mémoire. Les photos aident bien à se souvenir. Je me souviendrai aussi de cette année comme l’année où j’ai décidé de refaire des albums photos, car on ne les regarde pas avec la même facilité sur ordinateur, l’année où je me suis mise au saxo…

J’ai aimé recevoir des cadeaux tout au long de l’année de gens que je ne connais que par écrit ! La magnifique peinture de Laure, le délicat panier à ouvrage de Mireille, les délicieux produits anglais de Mind the Gap. Des cadeaux choisis avec goût et emballés avec attention juste pour le plaisir de faire plaisir, la grande famille de la blogo qui nous tient chaud, entre même centres d’intérêts et même sensibilité.  J’ai aimé jusqu’aux corrections orthographique de mon amie. J’ai grâce à vous connu le plaisir de répondre à nombre de commentaires et pour cela je vous remercie tous, infiniment :

Car vois-tu, je t’ai aimé lecteur, toute l’année et je crois bien que je t’aimerai encore en 2016, encore plus !

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